jeudi, octobre 27, 2005

Redal lance des projets sociaux à Skhirat · L’eau potable et l’assainissement en faveur de 14

Redal lance des projets sociaux à Skhirat

· L’eau potable et l’assainissement en faveur de 14

.000 habitants· Coût de l’opération: 6,6 millions de DH

Redal continue dans sa lancée d’entreprise citoyenne. La filiale du groupe Veolia Environnement a, en effet, signé quatre conventions dernièrement avec le Conseil préfectoral de Skhirat-Temara et l’Agence de développement social (ADS) dans ce sens. La première prévoit la création d’un fonds de développement local destiné au financement de projets à caractère social. Cet outil financier permettra la concrétisation de trois autres conventions. Ainsi, les habitants des quartiers Carbone (3.500 personnes) et Onniva (1.500 personnes) pourront avoir accès aux services d’assainissement liquide. Les 9.000 habitants du douar El Arjat à Skhirat bénéficieront de l’alimentation en eau potable. Le budget alloué à cette opération s’élève à 6,6 millions de DH. L’ADS y participe avec 1,7 million de DH. Les travaux débuteront dans les jours à venir et leur achèvement est prévu avant la fin 2004. Pour Guillaume Gilles, D.G. de Redal, ce partenariat est extrêmement positif. Selon lui, toutes les ressources se mobilisent au niveau des communes, de l’ADS et de Redal pour pouvoir concrétiser ces projets d’une grande importance. Ce sont 14.000 habitants qui seront alimentés en eau potable et bénéficieront de l’assainissement. Rappelons que ces quatre conventions ont pour but le financement des projets à l’eau potable et d’assainissement liquide en faveur des habitants à faibles revenus installés dans la commune de Skhirat. Pour les promoteurs de cette opération, ce partenariat est novateur en matière de financement de projets d’équipement. En effet, c’est le premier accord associant l’ADS à Redal et aux collectivités locales. Et ce n’est que le premier pas vers des formules innovantes de financement des infrastructures d’eau potable et d’assainissement.Redal, société chargée de la gestion déléguée de distribution de l’électricité, de l’eau potable et d’assainissement dans la wilaya de Rabat-Salé, a mis en œuvre une nouvelle politique pour permettre de généraliser l’accès de ses prestations aux populations démunies. L’autorité délégante y contribue avec un budget spécifique qui s’élève à 120 millions de DH. En 2003, Redal a réalisé 10.000 branchements sociaux. Pour la fin 2004, elle prévoit de doubler le chiffre de ces branchements en milieux urbain et rural dont la majorité en électricité.

Fadwa El Ghazi

Le Sahara au Conseil de sécurité «Les dégâts de la gestion sécuritaire»

Le Sahara au Conseil de sécurité

«Les dégâts de la gestion sécuritaire»

Entretien avec Bernabé López García, professeur d’histoire de l’Islam


La solution au problème du Sahara nécessite, selon Bernabé López García, professeur d’histoire contemporaine de l’Islam à l’Université autonome de Madrid, une reconnaissance des fautes du passé. L’expert estime que l’information, longtemps biaisée et filtrée, n’a fait qu’entacher la crédibilité de notre diplomatie.

- L’Economiste: La solution proposée par l’ONU est-elle toujours valable?
- Bernabé Lopez Garcia: La question du Sahara occidental continue d’être considérée par la communauté internationale comme une affaire de décolonisation inachevée. Le Maroc doit accepter qu’il ne s’agit pas d’une affaire conclue et doit trouver des formules en accord avec le Front Polisario. Il a rejeté la solution Baker II, même si elle représente une amélioration notoire du plan Baker I, accepté auparavant.
Je crois que le Maroc a laissé le peuple marocain en dehors du débat sur le Sahara. Et en dehors aussi de l’information objective sur ce que l’on pense à l’extérieur. L’information a toujours été biaisée, filtrée et présentée comme un complot des autres. Or, il s’agit d’un manque d’efficacité non seulement de la diplomatie marocaine, mais de sa gestion sécuritaire. Le Maroc a commencé à récupérer sa crédibilité au début du règne de Mohammed VI en initiant une politique d’ouverture. Mais le rejet catégorique du plan Baker II a beaucoup affaibli cette crédibilité. Je crois que l’affaire du Sahara aurait dû faire partie du débat public au Maroc depuis longtemps.
La balle est du côté du Maroc. Il est indispensable que les responsables aient le courage politique pour, tout d’abord, dire toute la vérité au peuple marocain. Ensuite, pour oser arriver à un accord avec l’autre partie en offrant une véritable autonomie qui sauvegarde la souveraineté marocaine tout en cédant aux représentants élus par les Sahraouis et conformément aux normes internationales, les fonctions dont parlait le Secrétaire général de l’ONU en 2003. C’est peut-être une révolution politique que seul le Souverain Mohammed VI est en mesure de faire, avec un courage semblable à celui dont il a fait preuve pour la réforme de la Moudawana.

- Quelle appréciation faites-vous du rôle de l’Espagne dans cette affaire?
- Le Sahara a toujours interféré dans les relations entre les deux pays. L’image du Maroc en Espagne a toujours été marquée par la nature du régime politique marocain qui, pendant longtemps, n’a pas été un modèle de démocratie. Le Front Polisario par contre, a réussi à obtenir une image «romantique» de mouvement de libération et a été appuyé par une centaine d’associations de solidarité. Un marketing efficace. Par contre, le Maroc a appliqué en Espagne la «politique de la chaise vide». Il n’a jamais été présent dans les débats où le Polisario était présent; il n’a jamais su vendre à l’opinion publique espagnole ce qu’il considérait comme sa cause sacrée, sauf répéter jusqu’à satiété que le Sahara est et sera toujours marocain. Si le Maroc avait su montrer à l’extérieur qu’en plus des raisons historiques, les Sahraouis sont attachés au projet d’un Maroc démocratique et libre, il aurait eu là une solide argumentation.

- La proposition de résolution que compte présenter l’Espagne peut-elle aider à avancer vers une solution?
- Je ne suis pas au courant des détails de la résolution. Le président Rodríguez Zapatero vient de faire des déclarations dans le quotidien El País où il dit que les principes défendus des deux côtés, n’ont pas aidé à trouver une solution définitive: «La position du gouvernement espagnol est très claire. Auparavant, il n’y avait que des discours qui n’ont mené à rien. A l’heure actuelle, il y a une implication active. La seule solution au conflit du Sahara est un accord guidé, dirigé par l’ONU et sous sa protection. Et cet accord doit passer par le Maroc et par le Front Polisario. Pour l’Espagne et pour le peuple sahraoui, envers lequel nous avons un engagement historique et moral, ce qui intéresse c’est d’arriver à un accord, parce que le désaccord dure déjà 30 ans».
Rien ne servira cette politique active si le Maroc et le Front Polisario n’assument pas que «la dédémonisation» mutuelle est indispensable. Autrement, comment imaginer des élections crédibles au Sahara sans la possibilité pour les partisans du Front Polisario d’exprimer librement leur position? A Tindouf, le Maroc devra aussi être réhabilité à travers son offre généreuse d’ouverture et un projet de pays rassemblé, libre et décentralisé.

- En matière d’équilibre diplomatique, lequel des deux pays est en avance, le Maroc ou l’Algérie?
- Pendant longtemps, l’Algérie a été plus convaincante au niveau international que le Maroc. Ce n’est peut-être pas la version que l’on donnait au Maroc, mais la réalité est que plus de 70 pays - bien que beaucoup d’entre eux insignifiants- ont reconnu la RASD. Il faut admettre que, jusqu’à la dernière votation à l’ONU, la politique extérieure algérienne a obtenu plus de reconnaissance que celle du Maroc.

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Réformer d’abord



La question du Sahara ne peut pas s’éterniser, pense Bernabé Lopez. Pour le Maroc, elle ne doit pas devenir «un cancer» qui menace son avenir. «Il est temps de résoudre un problème qui passe par la réforme politique et constitutionnelle». Trouver une solution à la question du Sahara est, selon le spécialiste, inséparable d’un débat sur le modèle d’Etat que veulent les Marocains. «Dans un Maroc décentralisé, démocratique et libre, il y a une place pour le Sahara. Le projet sera ultérieurement défendu et imposé face aux puissantes résistances, formulées par les secteurs qui détiennent les privilèges et ceux qui veulent ramener le pays à d’autres temps», ajoute Lopez Garcia. C’est un long processus à effectuer d’ici les élections de 2007, qui devraient aboutir à un nouveau Maroc.

Propos recueillis par
Nadia LAMLILI

Pêche artisanale Les enjeux du plan de viabilisation

Pêche artisanale
Les enjeux du plan de viabilisation

· Un milliard de dirhams engagés dans l’aménagement des villages de pêche

· Intégrer l’activité dans l’économie formelle et maîtriser la traçabilité
· Derrière, l’idée consiste à rompre la «poulpe-dépendance» de Dakhla

La pêche constitue un des axes majeurs et prioritaires dans la stratégie de développement des provinces du Sud. C’est la seule activité économiquement viable dans la région de laquelle les pouvoirs publics veulent construire du développement, explique Majid Kaïssar El Ghaib, directeur général de l’Office national des pêches (ONP). Aux côtés de l’Agence du Sud et du Fonds Hassan II, l’Office est en première ligne dans un vaste programme d’aménagement de six villages de pêche dans la région, «qui seront des vrais lieux de vie», insiste le patron de l’ONP. Le projet des villages de pêcheurs n’est pas nouveau, mais s’il n’a pu être concrétisé par le passé, c’est surtout parce qu’il manquait une coordination des acteurs impliqués ou que celle-ci ne se faisait pas toujours au bon niveau. Le programme sera réalisé sur trois ans, et la présence d’une entité de coordination dépendant du Premier ministre -l’Agence du Sud- constitue une garantie de bonne fin et d’accélération des travaux. Le schéma global retenu pour chaque village consiste à créer un noyau commercial avec une halle au poisson, des facilités de débarquement, des zones de stockage (réfrigération). Tout autour duquel sera déployé une zone d’habitation, une zone industrielle (traitement sur place du poisson) et dans certains cas, un site touristique.Les villages retenus sont: Amégriou et Tarouma dans la province de Laâyoune, Sid El Ghazi à Boujdour, N’Tireft, Labouirda et Aïn Beida à Oued Eddahab et Lamhiriz dans la province d’Aousserd. Le programme est d’une priorité absolue, et cela signifie que les moyens financiers sont prêts à être mobilisé, assure El Ghaib. Au total, 915 millions de dirhams sont mobilisables et, selon le montage financier, la ventilation entre les trois intervenants est la suivante: l’Agence du Sud (via le Budget de l’Etat) mettra 647 millions de dirhams, 118 viendront du Fonds Hassan II et l’Office national des pêches participera à hauteur de 150 millions de dirhams. Ce qui existe aujourd’hui sur les sites ciblés par le programme ce sont des points de débarquement aménagé. L’idée est de les transformer en véritables villages «en sédentarisant les pêcheurs dans un lieu qui leur permette de vivre de leur activité».«On ne part pas de zéro», constate le DG de l’Office national des pêches, une petite infrastructure de base existe déjà sur place: les halles au poisson, l’eau potable, l’électricité, des pistes d’accès aux villages de pêche, etc. Cette fois, l’Etat met tout son poids dans la balance par le montant engagé (un milliard de dirhams) pour «accompagner ces projets».Les pouvoirs publics veulent briser la dépendance absolue de marins pêcheurs envers les acheteurs, appelés aussi “gâcheteurs”. Que ces intermédiaires jouent un rôle, c’est certain, reconnaît le management de l’Office national des pêches. Ils apportent le financement, le carburant, la barque et il arrive même qu’ils assument le transfert du courrier. Mais ceux qui assurent le gros de l’effort, c’est-à-dire, les pêcheurs, vivent dans une telle insalubrité, que celle-ci menaçait directement les exportations de poisson. Il ne fait aucun doute que le moindre audit des acheteurs aurait disqualifié un gros contingent de ventes à l’étranger. Par ce programme de villages de pêche, l’Etat se décide enfin de «siffler la fin de la récréation» et de jouer la carte du développement.Qu’est-ce qui a motivé l’ONP à s’impliquer dans ce projet? «Pour nous, le programme est d’une haute importance parce qu’il participe à la restructuration de la pêche artisanale», explique le directeur général. Toute la chaîne de la pêche artisanale, de la production au traitement final, emprunte aujourd’hui des circuits informels. Dans le processus de viabilisation du secteur, la halle occupera une position centrale. Non seulement, elle va mettre hors-jeu les «gâcheteurs» (les fameux intermédiaires qui avaient déjà boycotté la première expérience), mais elle assurera la transparence des transactions. Le passage par une halle servira d’outil d’insertion progressive de la pêche artisanale dans l’économie structurée et le chemin menant vers la couverture sociale. Pour un armateur, passer par la halle au poisson implique de facto inscription au régime de sécurité sociale de droit commun (CNSS). Les prélèvements sont de 6% de la production (la valeur des prises). La pêche artisanale est en effet un des gros gisements du travail au noir et un des objectifs déclaré de la CNSS dans sa quête d’augmenter la population couverte par son régime. Elle permet par ailleurs de «sécuriser» d’éventuels bailleurs de fonds car c’est par son truchement que se font les prélèvements pour le compte des tiers. Les cessions de délégation pour les crédits, par exemple, ou les taxes. Au besoin, il sera aménagé quelques incitations afin de pousser les gens à sortir du noir, entre autres, l’accès au carburant professionnel (à un prix encore plus bas qu’au cours officiel dans la région). Au terme de ce projet dont le but est de viabiliser la pêche artisanale, on ferait d’une pierre deux coups, explique Majid Kaïssar El Ghaib. «Les marins pêcheurs travailleraient toute l’année et, donc, stabiliseraient leur revenu et s’ouvriraient l’accès au crédit bancaire ou au microcrédit». La «viabilisation» de la pêche artisanale va bien au-delà de son insertion dans l’économie formelle et l’amélioration des conditions de vie des marins. L’Office espère ainsi «généraliser» la traçabilité dans le secteur sans laquelle une partie de nos produits serait disqualifiée à l’export (voir aussi www.leconomiste.com).
30.000 personnes directement concernées
La population des marins pêcheurs qui se rue sur la région pendant la saison de pêche du poulpe est estimée à 30.000 personnes. Valeur aujourd’hui, la pêche poulpière se déroule sur une période de deux mois maximum. L’activité n’exigeant aucune technicité, ces «collecteurs de poisson» viennent de partout pendant cette fenêtre calendaire. L’objectif principal des villages de pêcheurs est de stabiliser ces populations en les formant à la pêche aux autres pêcheries en abondance, notamment au poisson blanc et les crustacés. La démarche est d’autant plus cruciale que les pouvoirs publics veulent casser la «poulpe-dépendance» de Dakhla, vu l’effondrement des réserves de cette espèce. Face à la raréfaction des ressources, deux options étaient possibles: soit se redéployer vers d’autres pêcheries, soit restreindre encore la période de pêche. C’est la première option qui a été choisie par les autorités.D’où l’aménagement des villages de pêche qui rentre dans le cadre des mesures décidées au printemps dernier par le gouvernement pour gérer l’après-poulpe et viabiliser économiquement la région de Dakhla.

Abashi SHAMAMBA