lundi, septembre 26, 2005

Tourisme: Le club des “patrons” à New Delhi

Tourisme: Le club des “patrons” à New Delhi

· Forum du 8 au 10 avril dans le cadre du Conseil mondial du tourisme · Objectif, persuader les Etats du rôle économique de cette industrie· Le tourisme représente 200 millions d’emplois et 10% du PNB mondial Les patrons du tourisme mondial, réunis en forum à New Delhi du 8 au 10 avril dans le cadre du Conseil mondial du tourisme (WTTC), veulent convaincre les Etats du poids du tourisme dans l’économie, insuffisamment reconnu, selon eux. “Le poids du tourisme dans l’économie mondiale est en expansion croissante et ce mouvement est irréversible. Les gouvernements qui ignorent cela passent à côté d’opportunités importantes”, estime Jean-Paul Baumgarten, président de cette association privée de chefs d’entreprise du secteur basée à Londres. Le tourisme représente 200 millions d’emplois et 10% du PNB mondial. D’où le thème du prochain forum, intitulé “Realizing the potential”, qui réunira plus de 400 patrons représentant l’ensemble de l’industrie touristique mondiale: compagnies aériennes, tour-opérateurs, groupes hôteliers, etc. ainsi que plusieurs ministres. Le WTTC, créé il y a une quinzaine d’années un peu comme un “club” par Jim Robinson (Amex), le cofondateur d’Accor Paul Dubrule, ou Colin Marshall (British Airways), s’est aujourd’hui “beaucoup ouvert”, explique Baumgarten, président depuis 1999. “Le fait que le forum se tienne à Delhi n’est pas un hasard. “L’Inde est, avec la Chine, le pays qui a le plus grand potentiel touristique dans le monde”, selon Baumgarten. La croissance annuelle du tourisme est de 8,9% pour la Chine et de 8,7% pour l’Inde. Un potentiel que le WTTC “ne mesure pas en termes d’arrivées, comme les gouvernements, mais en termes de tourisme global, d’arrivées et de départs, ce qui est l’une de nos caractéristiques”, précise Baumgarten. Par rapport à l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), Baumgarten estime qu’il y a “complémentarité” et des thèmes de réflexion en partie identiques. Le forum de New Delhi entend “faire le point de ce qui s’est passé depuis le 11 septembre”, indique Baumgarten. “L’industrie touristique a repris avec vigueur en 2005, souligne-t-il, mais nous ferons un bilan des tsunamis en Asie et parlerons de tourisme durable et de développement social, qu’il faut préserver tout en faisant du profit”. Le WTTC, grâce aux outils dont il s’est doté, a été l’un des premiers à pouvoir donner un bilan économique provisoire après les tsunamis du 26 décembre en Asie.
Une croissance de 3,2% par an
Selon le WTTC, la contribution du tourisme à la richesse économique de l’UE par exemple devrait augmenter de 3,2% par an dans les dix prochaines années, passant de 11,5% du PIB en 2005 à 12,6% en 2015. En termes d’emploi, leur nombre devrait grimper dans l’UE de 24,3 millions en 2005 à 28,7 millions en 2015.
Synthèse L’Economiste

Marrakech/TourismeLes fermes d’hôtes de plus en plus prisées

Marrakech/TourismeLes fermes d’hôtes de plus en plus prisées

· L’écotourisme a le vent en poupe· “Le Bled”, nouvelle enseigne, se positionne sur ce créneau LE tourisme sort des remparts de la médina et même du centre de la ville et se dirige vers les terres agricoles pour un nouveau produit original. Celui des fermes d’hôtes. Un des pionniers est “Le Bled”, une nouvelle enseigne, qui remporte beaucoup de succès auprès des amoureux de la nature. Ces derniers fuient le tourisme idiot au profit de l’écotourisme. «Le Bled» est un hôtel de charme situé dans une ferme qui aura demandé six ans de travaux avant d’ouvrir. “Je n’étais pas pressé. Je voulais d’abord cultiver le jardin et l’espace vert avant de construire les chambres”, indique Moha Fadel, son promoteur. Et la ferme est devenue, entre-temps, une véritable oasis de verdure. Un espace de trois hectares planté d’oliviers, de trois mille rosiers, de palmiers, bananiers et toutes sortes d’arbres fruitiers. Le plus, c’est que cette végétation se confond avec la vue spectaculaire du Haut Atlas. Le propriétaire, le chef Moha, est connu pour son esprit innovant. Dar Moha, créée il y a 4 ans à Marrakech, est une adresse incontournable. Rappelons que la demeure appartenait à l’un des secrétaires du Pacha Glaoui et fut rachetée par le styliste Pierre Balmain avant de devenir le restaurant à la mode de la jet set internationale. Au Bled, c’est une autre ambiance. La ferme d’hôtes est à trois kilomètres de la ville sur une route longeant les murailles de la médina vers la vallée de l’Ourika. “Plus que ses murs, son atout, c’est ses oliviers et ses rosiers”, estime Moha. Les produits du terroir sont utilisés pour la restauration sur place ou encore à Dar Moha.Le bâtiment est construit sur 600 m2. Il comprend 4 grandes suites et 3 chambres. Chacune des suites a un jardin spécifique (l’Oranger, le Pamplemousse…). Sans grande prétention, la ferme dispose aussi d’une piscine et plusieurs salons extérieurs et intérieurs et un autre sur une terrasse panoramique, décorés avec de vieux matériaux. “Nous n’avons pas voulu faire dans la décoration voyante”. Moha raconte que pour ses fenêtres, par exemple, il a parcouru tous les marchés aux puces avant d’en dénicher des vieilles qu’il a mises en valeur. Le tout donne un cadre exotique et original. Très inventif, le restaurateur va lancer prochainement “le voyage à thème”, une formule inédite. Il fallait y penser: créer un atelier de cuisine afin que les touristes apprennent à préparer des plats marocains sous la direction de tabbakhates émérites. Nul doute qu’ils seront nombreux devant les fourneaux!De notre correspondante Badra BERRISSOULE

Tourisme à Tanger Le projet Ghandouri dans les starting blocks

Tourisme à Tanger
Le projet Ghandouri dans les starting blocks

· 60 hectares de terrain dont 18 de forêt · Le montant du projet est de 240 millions de DH · Il sera suivi d’autres tels le City Center et Cap SpartelGhandouri, un des projets de développement touristique de la destination Tanger est en voie de réalisation. Le projet a été présenté mardi 19 avril à Tanger devant un parterre d’investisseurs nationaux et internationaux. Ghandouri, ce sont 60 hectares de terrain dans un site à la vue imprenable, surplombant la baie de Tanger. Le lieu est connu des habitants de la ville pour avoir abrité un café et un restaurant du même nom très prisé des amateurs de couchers de soleil. Le coup d’envoi officiel des travaux avait été donné en août 2003 par SM Mohammed VI. Maroc Hotels et Villages (MHV), filiale de la Caisse de dépôt et de gestion, a déjà démarré les travaux pour l’aménagement du site. Il est prévu des lots d’hôtellerie, résidentiels et d’équipements totalisant 6.000 lits, soit l’équivalent de la capacité actuelle de la ville. Le projet rentre dans le cadre de l’objectif national des 10 millions de touristes à l’horizon 2010, en parallèle avec le plan Azur. Le coût global est estimé à près de 240 millions de DH. Les 18 hectares de forêt qui délimitent la zone seront intégrés et comprendront des circuits pédestres de randonnée. Ces circuits feront le tour du périmètre surtout sur la frange côtière de plus de 1.200 mètres. Ghandouri disposera de trois pôles d’animation, dont une «cité des cultures», destinée, selon Mohamed Ounaya, directeur général de MHV à assurer le volet culturel de cet espace. Cette cité des cultures sera conçue sur la base d’une médina typique. «L’aménagement se fera sur la base d’un concept culturel et balnéaire» note Ounaya. Le projet proposera une offre hôtelière conséquente déclinée en tranches de 3, 4 et 5 étoiles, ainsi que des résidences touristiques et villages de vacances. Le tout en fonction des investisseurs potentiels. Ghandouri renferme aussi des lots pour services divers, restauration et animation. La viabilisation des lots de terrain sera finalisée dès cet été pour entamer la phase de commercialisation. Selon MHV, des investisseurs de taille, nationaux et internationaux, ont déjà manifesté leur intérêt pour le projet. «Avec de tels projets, la CDG entend mettre à la disposition des promoteurs des zones d’activité de nouvelle génération», explique Mustapha Bakkoury, directeur général de la Caisse.A court terme, il est attendu que le projet Ghandouri assure la création de 2.600 emplois directs et indirects. A terme, 750 emplois seront créés avec 3.750 emplois indirects supplémentaires. D’autres projets seront lancés par MHV sur Tanger. Il s’agit du projet du Lac et Cap Spartel. Le premier s’étendra sur 77 hectares et profitera du lac artificiel dont jouit la baie de Tanger. Ce dernier, aménagé lors du lancement du projet de la baie dans les années 70, n’avait jamais été exploité. L’objectif aujourd’hui est de le réaménager et lui donner une seconde chance. A Cap Spartel, c’est un nouveau concept de tourisme balnéaire sur près de 106 hectares qui est à l’étude.A noter que ce projet vient s’adosser à celui du Tanger City Center. D’une superficie de 3,4 hectares, il s’élèvera à près de 700 millions de DH.Le City Center disposera d’une capacité hôtelière de 1.300 lits, soit trois à quatre hôtels haut standing. En plus, il abritera des plateaux pour bureaux ainsi qu’une composante immobilière. De son côté, le City Center aura une architecture «off-shore» avec plus de 15 étages, prévue dans le plan d’urbanisme de la zone. Le projet qui entrera en service à l’horizon 2007, prévoit la construction d’un grand centre commercial. Avec ces deux projets de City Center et de Ghandouri, l’offre touristique de la ville devrait atteindre les standards internationaux.
Le foncier, toujours…
L’idée de Ghandouri est apparue dès le lendemain des assises nationales du tourisme en 2001. Le projet qui a été présenté alors à Tanger avait buté sur un problème de foncier. Le terrain était en partie occupé par des bidonvilles qu’il fallait recaser, une opération qui a pris fin en 2003. A noter qu’une commission spéciale qui procédera à l’attribution des lots est chargée de veiller au suivi de l’opération. De notre correspondant,
Ali ABJIOU

Tourisme Casablanca courtise les nationaux

Tourisme
Casablanca courtise les nationaux

· Le CRT lance un package week-end· Plaquette de promotion, kiosque, site WebLa ville blanche revendique sa place parmi les destinations touristiques. Jusque- là, Casablanca est restée surtout axée sur les séjours d’affaires. Même si elle affiche de bonnes performances en terme d’arrivées et de nuitées. Ainsi, en 2004, elle a enregistré 26,7% des arrivées des touristes nationaux et 22% de leurs nuitées.Pour garder sa longueur d’avance, elle entend diversifier son offre et élargir sa cible. Le Conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca vient de concocter un package week-end en faveur des touristes nationaux. L’offre “Casaoui” est valable tous les week-ends de l’année et regroupe la quasi-totalité des hôtels classés (3, 4 et 5 étoiles). Quelques établissements 2 étoiles sont également de la partie. Tous proposent des réductions sur l’hébergement.Objectif de l’opération: inciter les nationaux à voyager toute l’année et jouer le rôle de “City break”, à l’instar de Marrakech.Mais pour y arriver, il faudra respecter les dispositions du contrat-programme 2012, actuellement en phase de mise en oeuvre. Concrètement, les fiches projets sont en cours de confection et le contrat d’application sera bouclé dans 6 semaines. Le CRT de Casablanca veut ainsi être le premier conseil à initier un contrat région.En outre, la ville disposera pour la première fois d’une plaquette de promotion, et un kiosque destiné à promouvoir le produit casablancais sera ouvert dans les prochains jours. Idem pour le site Web de la ville.Parmi les atouts de Casablanca à mettre en avant auprès des nationaux et des Marocains résidents à l’étranger (MRE), l’animation, la restauration, le shopping, le balnéaire... Une campagne de communication devrait démarrer dans les prochains jours en faveur des nationaux. Dans une seconde étape, il est prévu de commercialiser ce package à l’étranger dans le cadre du programme “City break” axé sur les destinations à forte densité de desserte aérienne comme Madrid, Paris, Barcelone, Marseille...Les agences de voyages se sont engagées à travers un protocole d’accord à soutenir l’opération en commercialisant le produit. A. D.

Marrakech: Cafouillage à la Faculté de droit

Marrakech: Cafouillage à la Faculté de droit

· Suspension des examens suite aux grèves · La résistance à la réforme continue Grand cafouillage à la Faculté de droit après la suspension des premiers examens de cette année universitaire. Une suspension survenue suite aux grèves des étudiants. Les examens étaient programmés jusqu’au 7 janvier. Maintenant qu’ils sont annulés, la faculté est presque fermée.Officiellement, des étudiants revendiquent plus de temps pour préparer leurs examens. Officieusement, c’est encore le système de contrôle continu et la réforme dans son ensemble qui sont rejetés. D’après le doyen de la Faculté de droit de Marrakech, Ahmed Trachen, les premiers partiels initialement prévus le 21 décembre dernier ont été reportés d’une semaine à la demande des étudiants. Avec l’administration, ils avaient trouvé un terrain d’entente. “Nous avons été surpris par le mouvement du 27 décembre, mené par une minorité qui a empêché les autres de franchir les portes de la faculté”. Cette fermeture exceptionnelle et ce report auront des incidences sur la programmation des autres partiels. “Il faudra respecter les délais pour la deuxième partie des examens, prévue en mai conformément à la réforme”, insiste Trachen. A l’heure ou nous mettions sous presse, le conseil de la faculté devait décider soit d’une session extraordinaire, auquel cas des cours seraient déprogrammées, soit de reporter les examens à mars avec une deuxième partie en juin et annuler à ce moment la session de rattrapage prévue généralement en juin. Ce qui ne risque pas de se passer sans difficulté auprès des étudiants.Ce n’est pas la première manifestation de rejet de la part des étudiants de la réforme de l’enseignement qui en est à sa deuxième année. A la même période l’an dernier, un incident similaire a eu lieu. Selon des enseignants, il y a plusieurs semaines que les “basistes” (mouvement estudiantin à tendance marxiste), empêchent les professeurs et étudiants de suivre les cours. Ils s’opposent radicalement à la nouvelle réforme pédagogique. Pour eux, le contrôle continu doit être rayé du nouveau règlement.De notre correspondante, Badra BERRISSOULE

Kénitra: La faculté des sciences s’anime

Kénitra: La faculté des sciences s’anime

· Grand succès de l’exposition sur les découvertes arabes«Quand les sciences parlent arabe». Tel a été le thème de l’exposition organisée par la faculté des sciences de l’Université Ibn Tofail de Kénitra en collaboration avec l’Institut français. Cette manifestation entre dans le cadre de la célébration de l’année mondiale de la physique.L’exposition a pour objectif notamment de rétablir certaines réalités en rendant à César ce qui appartient à César. En effet, le monde occidental s’était attribué de nombreuses découvertes arabes. “Dépossédés” de leurs découvertes ou inventions, des génies arabes de la sciences, de la physique, des mathématiques ou encore de la médecine n’avaient plus droit de cité dans les annales de pensée ou du savoir universel. L’exposition a donc permis aux nombreux visiteurs qui se pressaient à l’entrée de la faculté de retrouver les vrais auteurs et concepteurs de biens des lois de physique ou de mathématiques. On oublie souvent, par exemple, que ce sont les Arabes qui ont inventé le zéro, sans lequel tout calcul aurait été impossible. Pas plus que l’on ne se souvient d’Al Khawarizmi à qui l’on doit la naissance de l’algèbre. C’est en effet lui qui avait mis au point des méthodes automatiques (les algorithmes) qui permettent de résoudre toute une classe d’équations.Sur le registre de l’architecture, bien des techniques de construction et aussi d’équilibre ont été développées par les Arabes. C’est aussi le cas dans le domaine de l’optique. Nul ne peut nier que la contribution des Arabes dans ce domaine a été fondamentale, grâce notamment à Al Kindi et Ibn Al Haytam. Ils ont établi que la lumière a une existence propre et qu’elle est étrangère à l’individu qui la reçoit et au corps lumineux.L’exposition a traité de bien d’autres sujets montrant la participation arabe au développement et à l’évolution de l’homme. Les jeunes des établissements scolaires de Kénitra et des villes avoisinantes ont pu se faire une excellente idée sur cet aspect. L’émerveillement a ainsi laissé place au dénigrement. Quelle ne fut la surprise de ce jeune homme de savoir que la clé de voûte a été développée par les Arabes. Et que l’art islamique fait appel à la géométrie pour reproduire un motif à l’infini.Il est à noter que l’exposition a été animée par les étudiants de la cellule d’animation culturelle de l’Université Ibn Tofail. Auparavant, ils avaient suivi une formation sous la direction de quelques professeurs. Formation qui leur a permis de mieux expliquer le contenu de l’exposition aux nombreux visiteurs. Ces derniers venaient faire ce parcours ludique et expérimental entre images, manipulations interactives et objets emblématiques de la période où les savants arabes faisaient fructifier et véhiculer la connaissance et le savoir.
Jamal Eddine HERRADI

Le patriotisme marocain, fondement historique et religieux Par Hassania Cherkaoui, professeur à la Faculté de droit de Casablanca

Le patriotisme marocain, fondement historique et religieux Par Hassania Cherkaoui, professeur à la Faculté de droit de Casablanca

L’objet du patriotisme est la Patrie, qui est un mot de ralliement de ceux qui sont principalement préoccupés de continuité et de stabilité. Le terme de Patrie a essentiellement un contenu affectif quand ce n’est pas passionnel. Ceci apparaît dans l’usage de vocables tels que ceux de «patrimoine», d’«héritage», mais aussi d’images comme «la terre». Sa racine le rattache même à la notion familiale et évoque l’idée de filiation et de fidélité. Cette fidélité est due au Roi car il exprime l’unité et la continuité de la nation. Les liens qui l’unissent à ses sujets sont d’abord des liens spirituels. Le Roi est «Magistrat» au sens religieux du terme. Par la bénédiction de Dieu, le Roi a reçu le pouvoir: la hiérarchie de la Parole de Dieu rappelle le pouvoir du Roi, dont la seule limite est la souveraineté de Dieu.La Patrie a donc principalement un fondement historique et religieux. Toute action qui n’enrichit pas les divers éléments qui forment le patrimoine d’une nation est dangereuse car elle risque de rompre l’équilibre qu’une histoire a permis d’acquérir. Aussi le patriotisme, tout en exaltant les efforts faits pour renouveler et compléter l’héritage commun, est souvent méfiant à l’égard des innovations ou des transformations que certains veulent imposer au pays.Le rappel des événements, les symboles (le drapeau) et les formules qui rassemblent les sensibilités (la «terre des ancêtres»), les célébrations et cérémonies, distinguent le patriotisme des citoyens marocains de celui des citoyens des autres nations. Mais la Patrie a sa vie propre, distincte de celle de ses membres. On rattache ses exigences aux vertus et aux valeurs qui constituent le fond moral communément admis.L’une des vertus patriotiques est l’honneur. C’est une vertu sociale, qui témoigne de la cohésion de chacun avec ceux auxquels il tient à rester associé. Il conserve son honneur tant que ceux-ci l’admettent comme un des leurs. Mais ce civisme est de caractère noble. Il n’est donc réellement sensible que pour ceux qui, en quelques manières, participent à la grandeur nationale ou reconnaissent avoir reçu leur part de cet héritage. Au contraire, ceux qui ne se découvrent pas comme participants au patrimoine commun, auront tendance à contester la grandeur de la nation et à nier la nécessité d’en conserver les structures et l’actuel équilibre.Cet équilibre est en effet le plus souvent contesté par les plus déshérités, dans le sens large, qui pensent que le changement leur permettra de rattraper le retard que leur famille ou leur classe a subi.

Casablanca: La Faculté Ben M’Sik fête ses 20 ans

Casablanca: La Faculté Ben M’Sik fête ses 20 ans

· Une semaine scientifique et culturelle jusqu’au 9 juillet· Au début, il n’y avait ni électricité, ni moyens de transport ni de communication A L’OCCASION du 20e anniversaire de sa création, la Faculté des Sciences et celle des Lettres et des sciences humaines Ben M’Sik organisent conjointement, et jusqu’au 9 juillet, une semaine scientifique et culturelle sous le thème «Atouts et axes de développement du campus universitaire Ben M’Sik, vingt ans après». Séminaires, conférences, tournois sportifs, débats, visites, projections de films, galeries d’art, rencontres avec des lauréats des Facultés de Ben M’Sik, sont au programme de cette semaine scientifique et culturelle.Selon Mohamed Chagdali, professeur à la Faculté des Sciences et membre du comité de coordination, le but de cette manifestation est de mettre en évidence les atouts et les paramètres de développement du campus universitaire Ben M’Sik pour la réalisation de sa mission en enseignement, en promotion de la recherche scientifique, en formation des cadres ainsi que la diffusion de la connaissance et du savoir. En effet, avec le Complexe culturel Moulay Rachid, la Faculté de Ben M’Sik a eu un impact très positif sur leur environnement. Ils ont été à l’origine d’un certain changement au niveau de la mentalité des jeunes de cette zone défavorisée, et longtemps négligée. Malgré un entourage défavorable, la Faculté a bien assuré son rôle de vecteur de savoir et d’épanouissement.En 1984, date de la première rentrée universitaire, la Faculté était encore en chantier dans un environnement hostile. Elle était entourée d’habitats insalubres, ne disposant d’aucun moyen de transport ni de communication et sans électricité et s’apprêtait à accueillir dès sa première année plus de 2.500 étudiants. «C’était un défi», souligne le doyen. Selon Chagdali, outre sa réussite en tant que levier socioculturel, le bilan de la Faculté est positif, malgré certaines difficultés. Tous les objectifs fixés en matière de la réforme de l’enseignement sont atteints: Le nombre des filières ainsi que le nombre des troisième cycles et des laboratoires. La structuration de la recherche, la mise en place d’un système d’auto-évaluation sont également des objectifs qu’on a atteints dans un temps record.«Structurer la recherche dans un pays ou elle n’était pas reconnue est quand même quelque chose d’extraordinaire», ajoute-t-il.«Aussi, la présence de plus de 250 enseignants, 130 administrateurs et 4.000 étudiants contribue quotidiennement au développement économique de l’entourage de la Faculté», souligne le doyen.
Mohamed AKISRA

La pauvreté, entre analyse économique et action politiquePar Mohammed GERMOUNI, Professeur de Faculté

La pauvreté, entre analyse économique et action politiquePar Mohammed GERMOUNI, Professeur de Faculté

L’intérêt accordé par le microcosme politique au phénomène de la pauvreté mondiale s’inspire-t-il d’une nouvelle approche (des solutions pertinentes et appropriées) ou est-ce juste une réaction incantatoire à une des menaces de globalisation? La pauvreté sera-t-elle revisitée à l’occasion de la “menace terroriste”? Il a été souvent reproché à l’analyse économique de trop se soucier de l’efficacité et pas assez de la pauvreté. La critique n’est pas dénuée de fondement, cependant, la pauvreté a préoccupé des économistes et non des moindres. Si bien qu’au fil du temps, l’approche s’est beaucoup affinée (voir encadré).Durant la colonisation, la hiérarchie des tâches était dictée par des contraintes politiques. La pauvreté était renvoyée à des jours meilleurs, c’est-à-dire après l’indépendance. Il y avait une sorte de postulat parmi les responsables politiques: une fois l’indépendance reconquise, tout presque finira par trouver une solution. Cela reflétait encore quelques relents des analyses économiques de J. A. Hobson et des thèses politiques de Lénine élaborées au début du XXe siècle. Ces auteurs analysèrent la pauvreté de la Chine, de l’Inde ou de l’Afrique de leur temps, tout simplement comme l’autre face, voire la simple contrepartie de la prospérité des pays industrialisés et une des principales conséquences de “l’impérialisme international”. Cette grille de lecture a longtemps fait office d’analyse, mais elle a rencontré ses limites au cours des dernières décennies.Les débats théoriques dans les régions nouvellement indépendantes ont fréquemment donné lieu à des surenchères de représentativité d’allure doctrinale intéressant des organisations, politiques ou syndicales en voie de formation, désireuses de prendre la défense des intérêts des “déshérités”, des “pauvres” ou des futurs “prolétaires”.De façon générale, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, la recherche des causes de cette pauvreté, qui touche de larges masses, ne constituait que rarement un souci majeur chez ceux qui étaient impliqués dans la réflexion économique.Diverses litotes (sous-développés, moins développés, en voie de développement, Tiers-monde), vont être ainsi inventées pour désigner cette “pauvreté de masse ” qui coexiste fréquemment avec la grande richesse d’un petit nombre dans plusieurs régions du monde, comme l’écrira entre deux ambassades avec sa pointe d’ironie habituelle le Professeur J.K. Galbraith. Il inaugurera d’ailleurs le premier cours à Harvard, intitulé “Pauvreté et développement”, enseigné au début des années 50. En France, les travaux de quelques précurseurs comme A. Sauvy, F. Perroux ou R. Dumont ont élaboré les introductions fondamentales dans ce domaine nouveau. Sur le plan méthodologique, la définition et l’approche de la pauvreté ont enregistré une importante avancée depuis cette période idéologiquement conflictuelle, caractéristique de la Guerre froide.Le dénominateur commun des réflexions et approches de politique économique de la pauvreté a été d’en privilégier l’étude et l’examen à travers la norme habituelle et classique du seul “facteur revenu”. Une mutation s’est opérée ces 20 dernières années pour appréhender la pauvreté sous l’angle des “privations de capacités”. Ceci a été rendu possible notamment à la suite des travaux novateurs de l’un des récents lauréats du Nobel d’économie, Amartya Sen (voir encadré). Ce n’est pas un hasard si les réformes économiques efficaces sont celles qui étaient accompagnées d’une préparation sociale effective. Sen souligne que cette étroite corrélation a été démontrée dans la plupart des économies asiatiques ayant réussi: le Japon en premier, la Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong ensuite et tout récemment la Chine et la Thaïlande. L’analyse moderne tend à démontrer que la réduction de la pauvreté cantonnée au revenu ne saurait servir de motivation essentielle aux politiques des Etats (surtout lorsqu’elles veulent réduire les inégalités et la pauvreté). L’approche par les capacités tend à éviter la confusion courante entre les moyens et les fins. Elle semble permettre une plus grande proximité des exigences d’une certaine justice sociale que l’approche courante en termes de revenus ne facilitait qu’insuffisamment.
Smith, Marx, Dalton et les anciens
Si on remonte aux origines de l’économie, Adam Smith, qualifié souvent et à juste titre de “père de l’économie moderne”, s’est fortement soucié de l’écart existant entre riches et pauvres. Le lecteur est même surpris par la forte défiance manifestée par ce fondateur du libéralisme, et surtout sa critique des “motivations économiques des catégories aisées”, encore plus sévère et inattendue que celle ultérieure d’un certain Karl Marx par exemple. D’autres économistes de valeur en même temps que théoriciens de la société, comme Marx, John Stuart Mill, Rowntree ou Hugh Dalton, pour citer quelques traditions représentatives, ont contribué peu ou prou à l’analyse de la question de la pauvreté notamment en privilégiant l’angle de l’inégalité.Plus près de nous, l’analyse économique de l’inégalité est presque devenue une discipline à part entière grâce aux travaux d’équipes comme celle du Pr Anthony B. Atkinson , l’un des meilleurs économistes contemporains à consacrer l’essentiel de son temps à l’étude de la pauvreté.
Le grand apport d’Amartya Sen
Les travaux d’Amartya Sen, prix Nobel d’économie, sont novateurs. Il passe par des “capacités”, correspondant aux “libertés substantielles” qui permettent à un individu de mener le genre de vie qu’il a “raison de souhaiter”.En caractérisant la “pauvreté réelle” comme un ensemble de capacités dont un individu se trouve privé durant une période plus ou moins longue de sa vie, on note le réel déplacement de la réflexion, initié par les tenants de la nouvelle approche. L’analyse passe ainsi des moyens (les revenus) vers les fins (les libertés).Cette distinction, entre notion de pauvreté comme inadéquation des capacités et celle de pauvreté comme faiblesse du revenu, a sans conteste son importance lors de l’examen et de l’évaluation des politiques publiques chaque fois que celles-ci s’attèlent à réduire les inégalités et la pauvreté.
La pauvreté ne paye pas
Si peu de chercheurs pour un si grand problème?! Ne nous faisons pas d’illusions: l’étude de la pauvreté favorise rarement la promotion financière et sociale de celui ou de celle qui s’y consacre. L’analyse de la pauvreté offre peu de perspectives confortables à l’ambition de jeunes chercheurs et s’insère encore moins à la stratégie de ceux qui sont déjà bien établis. Ce qui pose un problème de la motivation qui ne peut être essentiellement que d’ordre sociopolitique: les travaux sont le plus souvent effectués soit sous la pression d’un risque encouru soit au service d’une cause sociale.
Intérêt académique, intérêts tout court
Au cours des cinquante dernières années, l’intérêt académique pour la pauvreté dans les pays riches servait à contrer une “menace” grave pour les intérêts de ces pays. - Le premier exemple est la crainte des pays riches devant tant de pauvreté dans le monde: comment s’en protéger? C’est en termes de risque potentiel que de prestigieuses fondations (Carnegie, Rockefeller,..) vont engager des dotations pour un diagnostic objectif. Ceci paradoxalement coïncidait avec le début de la phase de la grande prospérité américaine.- Le deuxième exemple est la peur du communisme: la pauvreté serait un terreau favorable pour les idées socialistes et communistes. En accord avec Galbraith, on peut constater que l’histoire contemporaine a démontré le caractère erroné de cette doctrine: Les échecs du socialisme ont été patents. Dans certains cas, comme en Asie ou en Afrique, ils tournèrent à la tragédie. Un des écrits les plus intéressants élaboré sous la pression de l’anticommunisme, est le travail de Wassily W. Rostow (“les étapes de la croissance”). Ce conseiller économique de J. F. Kennedy, enseignant à Harvard, a voulu écrire une sorte de “contre-manifeste communiste”. Il a eu un fort retentissement académique et politique, dans la décennie 1960. Rostow est le père de la formule célèbre du “décollage économique”: une démarche consistant à aborder la réduction de la pauvreté par le biais du thème du développement économique.

Le juge et la loi sur la concurrence Par Hassania CHERKAOUI, professeur à la Faculté de droit de Casablanca

Le juge et la loi sur la concurrence Par Hassania CHERKAOUI, professeur à la Faculté de droit de Casablanca

Le droit de la concurrence est lié directement à une situation économique et à des objectifs de politique économique. Il est donc normal qu’un «comité de sages», que constitue le Conseil de la concurrence, puisse être appelé à éclairer, par l’examen de chaque affaire, la personne qui est chargée au plus haut niveau dans l’administration de suivre ces questions et de mettre en œuvre cette politique.Il est certain que, du point de vue procédural, l’interdiction des ententes et des positions dominantes, ainsi que le contrôle des concentrations, relèvent toujours du pouvoir administratif. Cependant, la procédure devant le Conseil de la concurrence a un aspect correctif puisque son but est de restaurer la concurrence sur les marchés en mettant fin aux comportements anticoncurrentiels. Or cet aspect correctif ne se conçoit pas sans un aspect répressif de la procédure. Dès lors, la procédure suivie au sein du conseil ne peut avoir que les traits d’une procédure juridictionnelle, à la faveur d’ailleurs d’une meilleure protection des droits de la défense. Or, dans notre loi, le Conseil de la concurrence est un organe administratif consultatif chargé de conseiller le Premier ministre. En effet, il ne prend pas de décisions juridictionnelles, comme le fait son homologue français, mais formule seulement des avis qui peuvent donner lieu à des décisions administratives du Premier ministre.· Portée de la saisine du juge par le Premier ministre Pourtant les liens sont étroits entre la procédure suivie devant le conseil et la procédure pénale. En effet, ses rapporteurs, qui ne sont pas choisis parmi des juges mais parmi des fonctionnaires, instruisent l’affaire soumise au conseil en interprétant les articles prohibant ou autorisant les pratiques définies par la loi. Les avis que cet organe est appelé à prendre empruntent donc l’aspect d’une décision pénale. Certes, il ne s’agit pas de décisions juridico sensu, c’est-à-dire jugements, mais de décisions qui dénotent une compétence décisoire. Il convient de rappeler que les juridictions pénales ont un pouvoir propre. Tout d’abord, l’avis du Conseil de la concurrence ne s’impose pas au juge. Ensuite, si le Premier ministre n’est pas lié par l’avis du Conseil de la concurrence, comment peut-on admettre que le procureur du roi le soit par la saisine du Premier ministre, alors qu’il n’existe juridiquement aucun lien entre le Premier ministre et le procureur du roi. En outre, ce dernier a son propre chef et jouit d’une liberté déjà reconnue par la loi.D’une part, l’absence de lien est évidente. Le Premier ministre n’a aucune qualité pour saisir le procureur du roi puisqu’il n’est pas son chef hiérarchique. Ce dernier étant soumis juridiquement au pouvoir du ministre de la Justice, lequel fait, certes, partie du gouvernement, mais se trouve seul investi du pouvoir hiérarchique sur le parquet. Les textes (art. 26, 36 et 37) posent donc des problèmes juridiques. En effet, le Premier ministre ne peut décider de saisir le procureur du roi que si le conseil a reconnu le caractère illicite de la pratique. Dès lors, que doit faire le procureur puisque le travail est déjà fait pas le conseil à sa place? Transmettre le dossier au juge pénal ou le classer en vertu du principe de l’opportunité des poursuites du ministère public, lorsqu’il estime que l’infraction n’est pas établie. La loi française a pris soin d’apporter la précision qui s’impose: l’article 17 du décret d’application du 19 octobre 1987 précise que «le ministère public peut prendre communication des affaires dans lesquelles il estime devoir intervenir». Dans notre loi (sur la concurrence), le ministère public n’a aucun pouvoir car: «le Premier ministre peut saisir… aux fins de poursuites conformément aux dispositions…» des articles 67 ou 70 prévoyant des sanctions pénales. Est-ce à dire que le procureur du roi devra désormais recevoir des ordres de poursuite même du Premier ministre?Or l’art. 56 du dahir du 11 novembre 1974, organisant le Statut de la Magistrature, dispose que «les magistrats du parquet sont placés sous l’autorité du ministre de la Justice ainsi que sous le contrôle et la direction de leurs supérieurs hiérarchiques…»C’est donc le ministre de la Justice, seul, qui peut enjoindre au procureur du roi et au parquet en général d’engager le déclenchement des poursuites.D’autre part, cette subordination hiérarchique se trouve elle-même limitée: d’abord par le pouvoir propre des chefs de parquet (procureurs du roi), ensuite par la liberté de parole qu’ils ont à l’audience. Ainsi, comment peut-on concevoir qu’un avis émanant d’un organe administratif non autonome, tel que le Conseil de la concurrence, puisse ébranler toutes ces règles d’ordre public. Il ne faut surtout pas faire la confusion en lisant l’article 15 de la loi sur la concurrence, qui prévoit que le conseil «est consulté par les juridictions compétentes sur les pratiques anticoncurrentielles définies aux articles 6 et 7 et relevées dans les affaires dont elles sont saisies». Ce texte veut dire seulement que lorsqu’un particulier se plaint devant le tribunal compétent pour le préjudice que lui cause l’entente entre deux autres entreprises, le procureur du roi peut demander l’avis du Conseil de la concurrence sur ces pratiques, mais il n’est pas tenu de demander cet avis, car il a le choix de son expert et le choix de sa procédure. De plus, a-t-on pensé aux décisions d’irrecevabilité et de non lieu du Conseil de la concurrence? On a jamais vu, dans aucune législation, un organe administratif ordonnant par ses décisions d’arrêter les poursuites d’un parquet, pouvoir que le ministre de la Justice lui-même n’a pas. Par ailleurs, dans la mesure où la partie appelée à faire ses observations par écrit refuse de communiquer, le Conseil de la concurrence ne pourra pas la forcer à répondre au rapport du rapporteur, à présenter sa défense, à moins qu’il se venge en décidant de prendre des mesures conservatoires. Dans ces conditions, il risque de mal appliquer la loi. Mais du point de vue du droit, qu’est-ce qui peut arriver si la partie appelée à se justifier refuse de communiquer avec le Conseil de la concurrence ? Le juge sera là en dernier ressort: donc pourquoi ce conseil? Le projet de loi de 1996, s’inspirant de la loi française, avait prévu dans la composition du Conseil de la concurrence six membres choisis parmi les magistrats de la Cour suprême et des autres juridictions (art. 9). Le gouvernement y était simplement représenté (art. 12). Les rapporteurs étaient choisis parmi les magistrats et étaient chargés d’instruire sur requêtes (art. 14 et 15). La loi, telle qu’elle est promulguée, écarte toute cette logique juridique et ne donne aucun sens à l’organe actuel, dont le travail technique peut être exécuté par n’importe quel expert privé, auquel d’ailleurs le conseil lui-même peut faire appel. Cette conception du droit de la concurrence est artificielle et dangereuse. Elle ouvre la voie à l’arbitraire administratif, ce qui invite à réexaminer le bien-fondé de l’existence même de cet organisme sous sa forme actuelle. Plus globalement, ce texte est complètement aberrant car il s’écarte du bon sens et, en tout cas, des règles et normes existantes. D’ailleurs, il n’aura aucune portée.
Mauvaise copie de la loi française
Le législateur marocain a reproduit, dans le texte, la procédure prévue par la loi française sans se douter qu’elle avait un caractère pénal évident. Il a donc pris l’initiative d’écarter les magistrats de la composition du Conseil de la concurrence en les remplaçant par des fonctionnaires représentant leur ministère, pour donner à ce conseil le caractère d’un simple organe administratif consultatif. La même observation s’impose s’agissant des sanctions pénales prévues par la nouvelle loi. Notre législateur a introduit dans le texte les sanctions pénales de la loi française, sans se douter que ces sanctions ne peuvent être prises ni par le Conseil de la concurrence, ni par le Premier ministre. Elles exigent, évidemment, l’intervention du juge. Mais la procédure du conseil évacue le juge, ce qui empêche l’application d’une sanction pénale. Le législateur a donc trouvé une solution à cette difficulté en prévoyant la saisine du procureur du roi par le Premier ministre. Ainsi, comment peut-on admettre juridiquement qu’une procédure pénale puisse évacuer le juge et quelle est la portée que l’on devrait raisonnablement reconnaître à l’intervention du Premier ministre dans le domaine judiciaire?
Mainmise sur la justiceA notre avis, toute cette pression exercée sur la justice laisse apparaître une volonté du législateur de faire de la justice un élément d’exécution, un instrument qu’on utilise. Le texte porte l’emprunte d’une méfiance de l’administration vis-à-vis de sa justice. La démarche est évidente, le texte est marqué par la volonté du législateur d’écarter l’indépendance de la justice à l’égard du pouvoir exécutif et législatif. Le législateur, par cette loi, empiète donc sur le pouvoir de la justice. C’est une immixtion de l’exécutif sur le judiciaire, qui est contraire à la Constitution.
Les attributs du conseil
Le fonctionnement du conseil obéit aux principes de la procédure pénale lorsqu’il est saisi. De ce fait, les avis qu’il est appelé à émettre à la suite de l’examen de l’affaire empruntent l’aspect de décisions pénales. Cette procédure, de type inquisitoire, car le conseil n’est pas chargé d’arbitrer une contestation mais de dire si des pratiques ont porté atteinte à la concurrence, résulte de trois phases:1°) le rapporteur procède aux investigations ou à l’instruction lorsqu’il n’y a pas d’enquête préliminaire. Le conseil sera amené à prononcer, soit une décision d’irrecevabilité ou à décider de ne pas poursuivre (art. 27). Il peut se prononcer sur les mesures conservatoires, demandées par la partie saisissante (art. 32) et il prend ainsi des décisions juridictionnelles. 2°) le conseil notifie les griefs et communique aux parties le rapport exposant les faits et les infractions relevées (art. 30) pour présenter leurs observations. 3°) L’audience du conseil, que l’art. 35 dénomme «les séances » du conseil intervient ensuite par des débats oraux: pour entendre les parties et les observations du rapporteur général et pour lui permettre de délibérer et prendre ses décisions.Outre les décisions, le conseil prend aussi des avis, qui sont émis à l’occasion de constatations d’infractions. La loi le charge en effet «d’examiner si les pratiques dont il est saisi constituent des violations aux dispositions des articles 6 et 7 ou si elles peuvent être justifiées par application de l’article 8». Mais il convient de noter que ces avis ne sont pas de nature technique, mais des «jugements». En effet, le conseil est chargé d’examiner des pratiques en violation des articles 6 et 7. Il est donc appelé à interpréter les articles prohibant ou autorisant ces pratiques, à apprécier les faits et à les qualifier, comme le ferait un magistrat. Certes, le conseil ne prend pas lui-même les décisions, mais fournit les éléments de décision qui seront en fait déterminants pour le Premier ministre. Ce dernier ne peut d’ailleurs prendre aucune «mesures, conditions ou injonctions» prévues par la loi (art. 25) sans une «recommandation» du conseil en ce sens. En effet, le conseil ne communique pas son avis, comme le ferait un organe consultatif, mais recommande aussi au Premier ministre de prononcer des sanctions: soit une injonction, c’est-à-dire l’ordre de mettre fin aux pratiques anticoncurrentielles, soit l’exécution de mesures ou conditions, par exemple la modification des clauses du contrat. Il peut aussi recommander au Premier ministre de saisir le procureur du roi pour lui ordonner de mettre en mouvement les poursuites pour une infraction qu’il a appréciée en vertu des articles 6 et 7 de la loi. C’est ce qui résulte de l’art. 26 qui dispose que «lorsque les faits lui paraissent de nature à justifier l’application de l’article 67» (emprisonnement et/ou amendes), il peut recommander au Premier ministre de saisir le procureur du roi aux fins de poursuites conformément au dit article».

Forum Associations-EntreprisesRéfection de l’école Omar Ibn Al Khattab à Casablanca

Forum Associations-EntreprisesRéfection de l’école Omar Ibn Al Khattab à Casablanca

· Un budget de 180.000 DHC’est dans le quartier mythique de Hay Mohammadi, non loin des Carrières centrales, que s’est portée l’action de l’association Ibn Battouta et la société Cooper Maroc. Intitulé: «Sauver une école», le projet a porté sur la réhabilitation de l’établissement scolaire Omar Ibn Al Khattab. Une école à forte charge symbolique pour le quartier puisqu’elle a été créée en 1953. Artistes, notamment Nass El Ghiwane, comédiens, universitaires… ont usé leur culotte sur les bancs de cet établissement hors du commun. Avant sa restauration, l’école mixte, qui abritait 700 élèves, était dans un état de délabrement déplorable, souligne le bailleur de fonds. Pas d’assainissement, pas de clôtures… Le site était dans une insécurité absolue et des clochards squattaient les lieux sans pour autant être inquiétés. L’école n’ayant pas été entretenue depuis plus de 20 ans. Ce qui n’a pas laissé insensible Mustapha Skhour, qui y a enseigné de 1976 à 1982, à l’origine du projet «Sauver une école». Pour mieux vendre son idée, Skhour a présenté des photos de l’état de délabrement de l’établissement au Forum Associations-Entreprises lors de la 1re édition. Les prises de vue n’ont pas laissé insensibles les responsables de Cooper Maroc, qui ont parrainé le projet dans la discrétion. Le bailleur de fonds tient à ce que son nom ne soit jamais cité, précise Skhour. «C’est de la pure bienfaisance que nous ne souhaitons pas médiatiser», commente Mustapha Nassih, DRH de Cooper Maroc, qui a supervisé le déroulement des travaux du début jusqu’à la fin. Une cellule de 4 personnes relevant de la société contrôlait les différentes étapes de l’opération. Un chantier qui a duré 70 jours non-stop. L’enveloppe budgétaire, estimée au départ à 90.000 DH, est passée au double, précise Skhour. Elle a porté sur des travaux de gros oeuvre, manutention et restauration (peinture, équipements sanitaires, construction, menuiserie…). L’équipement de l’école en bureaux et chaises pour les professeurs est également envisagé. L’opération ne s’est pas limitée à l’enceinte de l’école, elle a aussi porté sur son environnement immédiat. L’expérience nous a permis de rationaliser les dépenses, étant donné que nos fournisseurs nous livrent au prix de gros, explique Nassih de Cooper Maroc. Mais aussi de capitaliser sur un savoir-faire et le mettre au profit d’autres établissements. En dehors du Résaq, la société a déjà entamé une opération similaire au quartier Bournazel, précisément à l’école Amgala. Pour la deuxième édition du Forum, l’entreprise compte rester fidèle à son créneau, l’éducation. «Cette fois-ci, ce sera l’équipement d’un centre informatique multimédia à Mohammédia au profit de l’école Tabari». A. R. & K. E. H.

Agadir: Faible évolution de l’activité touristique en juillet

Agadir: Faible évolution de l’activité touristique en juillet

· Hausse des arrivées de 1% et des nuitées de 7% · Les marchés français et national, premiers pourvoyeurs de touristes Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’activité touristique de la station balnéaire d’Agadir au mois de juillet dernier, n’a pas été marquante. Tout juste.Une très légère augmentation de 1% des arrivées et de 7% des nuitées comparativement à la même période de l’année précédente. Pourtant, ce mois-ci a été très animé en raison du rendez-vous annuel du festival Timitar aujourd’hui bien installé dans la ville. Cependant, cette importante rencontre, dont il faut absolument renforcer l’aspect communication, n’a pas encore, semble-t-il, d’impact sur le taux d’occupation des établissements hôteliers de la cité. De même l’opération Kounouz Biladi n’a pas généré un afflux de visiteurs nationaux. Le nombre des arrivées et des nuitées, enregistrées au niveau de cette catégorie de clientèle, a connu un recul de 19% par rapport à la même période l’an dernier. Les nationaux restent, toutefois, malgré cette baisse, le deuxième marché pourvoyeur de touristes pour la destination avec 19.270 visiteurs en juillet dernier. Les Français, eux, ont dépassé le nombre de 24.000 clients dans les hôtels classés de la ville à la même période. Au cours de celle-ci, Agadir a enregistré, tous marchés confondus, plus de 73.600 visiteurs. Selon les professionnels, ce chiffre a été accompagné d’une durée de séjour plus importante que celle du mois de juillet de l’an dernier. De son côté, le taux d’occupation moyen des unités de la station balnéaire était de 66%. Comme d’habitude, la ville a connu durant le mois d’août un afflux de visiteurs plus important que le mois précédent. L’activité, bien qu’elle soit au plus fort dans les hôtels du front de mer, n’a pas véritablement profité à tous, notamment les lieux de restauration et d’animation. Les rues de la cité n’ont pas connu, tout au long de ce mois, l’affluence qu’elles enregistraient à pareille période. Outre la multiplication du nombre d’hôtels avec la formule all inclusive, la baisse du nombre des arrivées des MRE, enregistrée au niveau de la destination, est une des causes de la situation. Ces visiteurs sont, notamment la nouvelle génération, à fort pouvoir d’achat sur lesquels misent les lieux de restauration et de distractions. Ces derniers, ne cessent, de multiplier les soirées à thèmes pour drainer des clients et ainsi doper leurs recettes. Malgré cela, ils ne sont pas assaillis par les visiteurs.De notre correspondante, Malika ALAMI

Commerce extérieurLes transferts MRE et les recettes voyage sauvent la mise

Commerce extérieurLes transferts MRE et les recettes voyage sauvent la mise

· Les deux postes couvrent le déficit commercial· Dans les IDE, l’opération Maroc Telecom ne suffit pas à redresser la barreL’année 2004 aura été plutôt fructueuse au niveau des flux financiers. Les recettes MRE continuent sur leur lancée en réalisant une progression de 7,4%, dépassant la barre des 37 milliards de DH. Ces transferts de devises ont été effectués via les virements postaux (+17%) et plus accessoirement par le biais des virements bancaires et billets de banque (+6% chacun). La tendance haussière de ces flux se confirme puisqu’ils ont augmenté de 28% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. A en croire des analystes financiers, le Maroc devrait continuer à profiter de cet afflux encore quelques années. L’une des explications avancées a trait au verrouillage des systèmes bancaires occidentaux, en vue de contrecarrer la circulation des capitaux d’origine douteuse et de freiner les financements occultes. Mais à terme, ces mouvements de fonds vers le Maroc sont appelés à baisser avec l’adoption de la loi sur le blanchiment d’argent et la création d’une cellule de surveillance.La balance voyages connaît la même embellie. A fin décembre, elle dégage un solde créditeur de plus de 29 milliards de DH, en hausse de près de 14%. Une performance qui provient de la forte progression des recettes (+12% à 34,5 milliards de DH) perçues par les opérateurs du secteur touristique. Par rapport à la moyenne des recettes drainées durant les 5 dernières années, la hausse atteint 33%. Quant aux dépenses voyages, elles ont crû de moins de 3% à 5,4 milliards de DH. Cette augmentation provient des dotations en devises alors que les virements bancaires accusent un repli de 5%. Concernant les investissements et prêts privés étrangers, la cession de Maroc Telecom n’a pas suffi à redresser la barre. Pour le seul mois de décembre, les recettes ont plus que quadruplé pour atteindre 5,5 milliards de DH. Cependant, pour l’ensemble de l’année 2004, les recettes ont chuté de près de 42% à 14 milliards de DH. Même par rapport à la moyenne de la période 1999/2003, ces recettes sont en baisse de 27%.Au niveau des dépenses, l’on note l’explosion de plus de 63% des transferts au titre des cessions d’investissement étrangers. Cependant, les dépenses ont globalement baissé de près de 8% à 4 milliards de DH environ, suite au recul des remboursements de prêts privés.D’ailleurs, le Maroc a globalement réussi à améliorer la qualité de ses règlements avec l’étranger. A fin 2004, il enregistre un excédent en hausse de 38% à près de 20 milliards de DH. Une performance qui résulte à la fois de la hausse des recettes et d’une meilleure maîtrise des dépenses. L’amélioration des recettes est imputable aux règlements en euro (+3,5% à 120,7 milliards de DH) et en dollar (+2,4% à 62,3 milliards de DH). Pour rappel, les paiements en euro représentent près de 64% du total des règlements contre 33% pour ceux en dollar. Enfin, les avoirs extérieurs continuent leur ascension (+10%) et approchent les 135 milliards de DH, soit l’équivalent de plus d’un an d’importations de marchandises. M. K.

Nouvelles Frontières lance un site de voyage “discount”

Nouvelles Frontières lance un site de voyage “discount”

· Ultravacances.com entend pratiquer des prix “ultraserrés”Le groupe français Nouvelles Frontières, filiale du voyagiste allemand TUI, a lancé, mercredi 16 mars, un nouveau site Internet de voyage “discount”, Ultravacances.com, a-t-il annoncé dans un communiqué. Le nouveau site entend pratiquer des prix “ultraserrés” en s’appuyant sur le groupe TUI, premier voyagiste européen, mais aussi sur des disponibilités de dernière minute. La moitié des offres d’Ultravacances concerneront des départs à J-30. Selon Nouvelles Frontières, “50% de l’offre (globale) est fournie par des tour-opérateurs tiers”. Pour son lancement, ce site de vente de voyages “discount” proposera 150 produits, avec un objectif de 500 produits à terme. L’offre concernera “40 destinations, dont les 25 destinations préférées des Français”. Nouvelles Frontières s’était déjà engagé, début 2005, dans une politique de prix avec des offres “petits prix” et “petits prix les plus bas” sur certains produits et destinations. Le marché européen du voyage en ligne devrait connaître une croissance de 49% entre 2004 et 2005 pour atteindre 28,6 milliards d’euros, selon les prévisions de Nouvelles Frontières. Pour la France, la hausse pourrait être de 54% à 6,9 milliards d’euros. TUI compte 75 sites de voyagistes en ligne à travers ses différentes composantes (réseaux de distribution, tour-opérateurs généralistes et spécialistes, compagnies aériennes), selon le communiqué. Dans son ensemble, TUI a réalisé 1,254 milliard d’euros de ventes par Internet en 2004.
Synthèse L’Economiste

Les agents de voyage gagnés par le doute

Les agents de voyage gagnés par le doute

· Le changement du mode de rémunération met la profession en émoi· Pour RAM, tout est négociable sauf le principe et la date d’application Les voyagistes marocains ont de la suite dans les idées. Dans la bataille qui les oppose à Royal Air Maroc sur la révision de leur système de rémunération, ils sont prêts à aller chercher des alliés partout où cela est possible. Ce changement, qui pourrait faire des dégâts notamment chez les petites agences, est fondé sur la suppression de la commission fixe (7% sur les vols internationaux et 5% sur la billetterie sur le réseau national) et son remplacement par des frais de service à la charge du client. Avant-hier à Casablanca, les agents de voyage ont décrété la mobilisation générale au cours d’une rencontre- qui a servi d’alibi- sur le thème du «nouveau modèle économique dans la distribution des voyages». Parmi les invités de la corporation Basaran Ulusoy, le président de la puissante association des agences de voyages turque -4.600 agences dont quelques gros intégrateurs- qui a vivement conseillé à ses homologues marocains de ne pas se rendre et de continuer la résistance. «Vous n’avez pas le droit de vous rendre, même si vous ne pouvez pas obtenir non plus tout ce que vous souhaitez», a-t-il lancé à une assistance surchauffée. Face aux compagnies, explique le flamboyant président des voyagistes turcs, «je n’ai pas cédé, mais je ne me suis pas rendu non plus». Applaudissement de l’auditoire. L’union et la résistance sont les deux recettes réussies aux voyagistes turcs et grâce auxquelles ils ont fait barrage au projet de la «commission zéro». Sans aller jusqu’à la bagarre «car il faut privilégier la négociation», les agences turques ont contraint les compagnies aériennes de faire marche arrière. · Les «monoproduits sont condamnés»Le mode de rémunération n’a pas changé sur le marché, les agences continuent à percevoir une commission de 7% sur la vente de billets. Mais c’est la situation tunisienne qui fait rêver les opérateurs marocains. Là bas, non seulement Tunis Air a été obligée presque de maintenir le commissionnement, en plus le taux «historique» de 9% y est toujours en application (contre 7 au Maroc) sans compter une TVA de 15%.Côté Royal Air Maroc, la ligne de conduite est la suivante: on négocie les modalités pour accompagner la distribution dans ce changement mais pas question de revenir ni sur le principe lui-même de la substitution de la commission par des frais de service, ni sur la date d’application de ce «modèle économique». Ça promet. Les agents de voyage, et à leur tête leur Fédération espère faire revenir Royal Air Maroc à de meilleurs sentiments dans le cadre du dialogue engagé entre les deux parties. Mais une partie de la base se montre impatiente et ne partage pas forcément la modération actuelle des instances fédérales. Un agent de voyages d’Oujda a même suggéré le boycott pendant cette période de forte densité d’activité «pour montrer à la RAM l’importance économique et sociale du réseau des agences de voyages». Les agences de voyages représentent à peu près 45% des ventes de Royal Air Maroc. Et ce chiffre là, du moins espèrent-ils, est un élément de dissuasion. Le changement du mode de rémunération des agences va radicalement changer le métier. En fait, la suppression de la commission va pousser les agences à devenir enfin ce qu’elles auront dû toujours être, c’est-à-dire des prestataires de services au client. La plupart de celles qui sont monoproduit et qui ne font que de la billetterie, seront condamnées à moyen terme si ce n’est dans l’immédiat. Même le patron du Réseau Maroc à Royal Air Maroc, Saad Azzioui, d’habitude si diplomate, n’a pas été dans la langue de bois sur ce risque de disparition de petites structures .A. S.

Le voyage au bout du clic

Le voyage au bout du clic

. Programmer son voyage via Internet est désormais possible · Les voyagistes marocains font leurs chiffres dans le e-commerceS’offrir un voyage de rêve en 1 clic? C’est désormais possible au Maroc depuis que l’industrie du voyage s’intéresse de plus près au e-commerce. Et principalement les voyagistes qui, eux, exploitent avec plus d’engouement cette piste. Ils sont boostés par les bonnes performances du secteur des nouvelles technologies et la familiarisation des Marocains avec l’Internet. D’où l’idée de commercialiser leurs offres via ce réseau. Ils sont nombreux aujourd’hui à lancer un site de vente en ligne (agences de voyages, RAM, hôtel, office…). A retenir que le marché de la vente en ligne s’est très rapidement étendu en Europe où les estimations font état de 15,2 milliards d’euros. A l’échelle mondiale, ce sont 220 millions d’internautes qui achètent on line leur voyage (cf. www.leconomiste.com). C’est ce qui a poussé les TO marocains à s’intéresser au nouveau concept présenté par Via.mail, une société spécialisée en e-marketing (www.viamail-na.com). L’idée était de faire parvenir à des personnes dans le B to B, des catalogues regroupant des informations (une base de données) sur différents thèmes: voyage, informatique, finances, télécoms, hôtellerie… «Notre premier e-catalogue était sur le thème du voyage, ce qui a permis à plusieurs agences de voyages de communiquer leurs programmes organisés en un temps record», a indiqué Adiba Kaïs, directrice commerciale de Via.mail. Et de préciser que «l’envoi du e-catalogue s’est fait en deux périodes: le 15 juin et le 15 juillet. Les statistiques étaient très satisfaisantes étant donné que nous avons eu un taux de réussite de 15%». Contactées par L’Economiste, certaines agences qui ont choisi ce nouveau mode commercial, confirment l’intérêt et la curiosité des personnes. C’est le cas de l’agence Icotours: «Nous avons eu un écho positif à travers les ventes en ligne. Et notre bénéfice a dépassé de 30% nos attentes», a affirmé Hassan Charaf, responsable de département Tourisme. Pour ce dernier, les destinations les plus prisées sont l’Egypte et la Turquie. Le choix du pays des pharaons est justifié surtout par la baisse des prix de 50%, après les douloureux événements de Sharm el-Cheikh (cf. www.leconomiste.com). «En général, les Marocains ne programment pas à l’avance leur séjour, mais ils attendent 5 ou 6 jours pour le confirmer», note Charaf. Pour d’autres agences, rien n’a été concrétisé à ce jour, mais à cœur vaillant rien d’impossible. Jamal Bouchara, directeur général de l’agence Jambo Tours, précise que «c’est une première et un test pour apprécier la réaction des Marocains». Concernant les bénéfices de la campagne publicitaire sur le net, le DG annonce un faible pourcentage. «Ceci est dû en partie à la non-personnalisation des e-mails ciblés», explique-t-il. «Sur les 15.000 mailings, il n’y a eu aucun cas concrétisé. Mais on va rectifier le tir», assure Bouchara. Le prix de ce service (y compris la conception de la page) est de 15.000 DH pour environ 10.000 à 15.000 envois. Même son de cloche auprès de Rachid El Mkhayar, responsable de l’export, à l’agence KM Holidays. Celui-ci souligne que «les clients appellent, mais il n’y a pas pour le moment de rentabilité». Et d’indiquer qu’»un mailing coûte environ 3.000 DH par fichier contenant des adresses». El Mkhayar souligne que «le concept cible les jeunes, les entreprises, les hommes d’affaires, les gens actifs et qui voyagent». «Le projet, en lui-même, est nouveau et intéressant. Il faut juste laisser le temps faire», dira un autre professionnel. D’autant plus que les prix des destinations proposées sont à la portée de presque toutes les bourses: l’Espagne à partir de 6.900 DH, l’Egypte de 8.595 DH, la Turquie à partir de 10.175 DH, la Chine de 29.200 DH ou encore la Omra à la carte à partir de 12.300 DH.
E-catalogue
«Nous savons bien que quand on parle d’e-mailing, les personnes pensent automatiquement à leurs boîtes remplies de pubs désirables ou indésirables», indiquent les responsables de Via.mail. «C’est pour cela qu’on a mis en place un nouveau concept au Maroc», disent-ils. Il s’agit des e-catalogues par thèmes envoyés au maximum 3 fois par mois à ses destinataires afin de les informer de toutes nouveautés dans les différents domaines. «Et ce, sans causer de désagréments puisque la conception et la réalisation de ces e-catalogues sont étudiées à l’avance afin de donner aux destinataires l’envie de les consulter», est-il préciser.
Comment ça marche?
Les catalogues adressés par e-mail regroupent 12 à 15 annonceurs par campagne et les décideurs qui les reçoivent accèdent à l’offre produit en 1 clic maximum une fois le mail ouvert. Une navigation à l’intérieur du e-mail catalogue permet de passer d’une page à l’autre et optimise le taux de consultation de toutes les offres. Des liens hypertextes relient chaque offre avec les pages dédiées qui présentent le détail de cette offre, un visuel et le logo de l’annonceur. Outre, un formulaire pour demander plus d’informations et valider l’échéance du projet.
Fatima-Zahra TOHRY

Impressions de voyage : Paupérisation et bourgeoisie insultante

voyage
Impressions de voyage : Paupérisation et bourgeoisie insultante

APRÈS les attentats de Casablanca, une campagne d’affichage a fleuri dans les villes, illustrée par une main de Fatima et accompagnée de la légende «Touche pas à mon pays» .Pourtant, d’une manière ou d’une autre, il va falloir y toucher à ce pays. De retour en France, j’ai envie d’écrire: «Maroc, ton pays fiche le camp». A dix ans d’intervalle, que de signes criants de paupérisation du monde rural, que de signes de plus en plus insultants à son encontre émis par la bourgeoisie.Maintenant que nombre de religieux sont devenus radicaux et que les notables ruraux se sont déconsidérés, comment votre système va-t-il durer?Dans le grand sud, les palmeraies dépérissent, soit parce que les palmiers sont malades, soit parce qu’ils sont transplantés dans les villes. De plus, la sécheresse sévit.C’est la première fois que de vieux hommes me demandent l’aumône, c’est la première fois que des pères de famille me demandent des vêtements pour leurs enfants, avant de proposer de partager le thé ou le couscous.Plus au nord, deux ans après le départ des derniers Français, en 1970, la région de Sidi Slimane, cette riche plaine agricole du Gharb, alors plantée d’orangeraies à perte de vue, irriguées par d’innombrables réseaux de séguias, étalait sa richesse. Aujourd’hui, les orangeraies ont disparu, les réseaux d’irrigation ne sont plus entretenus, les ruraux n’ont plus de travail. La grande majorité des jeunes fument du kif ou se saoulent à la bière (on entre dans un bar pour se saouler et non pour boire un verre entre copains!).Que vont faire ces jeunes? Rester miséreux à la campagne ou devenir miséreux dans les bidonvilles?Féodalisme persistantPlus encore à Fès qu’à Marrakech, le monde le plus moderne se juxtapose au moyen âge; on y devine la société féodale qui y perdure. Mais l’allégeance féodale s’est pervertie en corruption généralisée, sous toutes ses formes: simonie, clientélisme, népotisme, prévarication.Malgré la volonté exprimée par le Roi, rien ne peut changer sans la mise en place d’une équipe d’incorruptibles, qui imposerait d’autres mentalités.Voici quelques tout petits exemples de cette corruption au quotidien:- A Fès, une clinique est ravitaillée en médicaments de première urgence chaque vendredi; dès le samedi soir, sa pharmacie est entièrement pillée;- A Volubilis, la municipalité de Meknès organise son festival d’été avec les fonds prévus pour la remise en valeur et la préservation du site;- A Tineghir, l’exceptionnel site des Gorges du Todra est défiguré par l’implantation de deux hôtels au beau milieu du défilé;- En passant à Midelt, j’y ai appris qu’une épidémie de typhoïde sévissait dans un proche village; encore une histoire de puits pollué qui ne dérange pas le directeur de l’Office national de l’eau. Mais, 90% de l’humanité vivent encore de nos jours, sous le joug de ces règles, me répondrez-vous!Oui, mais à notre porte, c’est d’autant plus choquant que la contamination y est toujours à l’état endémique; observez la progression du chancre, via les réseaux d’écoulement du cannabis.Mi-juillet, un quotidien titrait: «Y aura-t-il une affaire Hassan Chami?» L’Economiste du 1er août titrait en page Politique: «Gouvernance économique: la polémique reprend».On y apprenait que Hassan Chami n’avait pas été invité à la Fête du Trône du samedi 30 juillet, et le ministre délégué à l’Intérieur y affirmait qu’il n’y avait pas de main occulte. M. Chami n’a fait que dénoncer avec prudence de réels problèmes au sein du gouvernement. En le désavouant, le Palais s’est coupé l’herbe sous les pieds. Comment lutter contre la corruption maintenant? Est-ce en reproduisant l’efficace méthode qui consista à embastiller Fouquet jusqu’à la fin de sa vie? Mais alors, tous les gouverneurs de Province sont à embastiller. La bourgeoisie fassie a abandonné la médina, au profit du borj, sur la route d’Ifrane, où de splendides palais flambants neufs ont poussé. Et pourtant, sans l’aide de cette bourgeoisie et des élites, la médina ne sera pas sauvée; ce travail est trop colossal pour être réalisé par les seuls amoureux de la ville. Le palais du Glaoui est, à mon sens, déjà perdu.Tout comme l’est déjà le ksar du frère de Moulay er- Rachid à Rissani, berceau de l’actuelle dynastie.Réformer ou exploserLes islamistes radicaux commencent à «irriguer» le sud, et ce ne sont pas les inscriptions en cailloux blancs à flanc de coteaux qui endigueront leur influence («Allah l’unique, un Peuple, un Roi», peut-on lire). Je ne donne plus dix ans à votre pays pour se réformer ou exploser. D’ici-là, ami touriste, profite de ce si beau pays tant qu’il est encore beau, à la condition de le respecter, et en cessant de choquer sa pudeur si traditionnelle. Par ailleurs, n’oublie pas qu’un ouvrier chanceux travaille 44 heures par semaine pour un revenu mensuel proche de 1.800 dirhams (moins de 180), lorsque les moins chanceux, proches de la condition de servitude, obtiennent 600 DH mensuels (une Renault Clio de base, fabriquée en Turquie, coûte 90.000 DH).Un dernier mot: sans compter les innombrables problèmes de pollution du sol et de l’eau, entre les centaines de tonnes de sacs en plastique envahissant les campagnes et les périphéries des grandes villes, et les constructions anarchiques et laides, la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement a du pain sur la planche.
Par Olivier LAVABRE, touriste

C'est officiel, un Montreux jazz à MarrakechDNES en Suisse, Badra BERRISSOULE

C'est officiel, un Montreux jazz à MarrakechDNES en Suisse, Badra BERRISSOULE

· Angré Azoulay: Le Maroc jouera «dès le départ dans la cour des grands»· Une ouverture à l’international qui impliquera aussi EssaouiraLe Maroc va organiser un Montreux jazz à Marrakech, impliquant toute la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz. C’est un partenariat win-win entre la fondation du festival de Jazz de Montreux et le Maroc qui devrait aboutir en 2006 à une première édition du Montreux jazz festival à Marrakech. «Des synergies entre un évènement pareil à Marrakech et un festival d’Essaouira, qui s’est placé sur l’échiquier mondial, sont une manière d’alimenter le produit culturel de la région pour la rendre plus puissante», commente Kamal Bensouda, président du CRT. Du côté suisse, les portes sont bien ouvertes. · Gage de qualitéVêtu d’une djellaba marocaine, signe de son adhésion et soutien total, Claude Nobs, fondateur du Festival de jazz de Montreux, a annoncé cette nouvelle lors de la cérémonie officielle de la messe de jazzmen. «Il est temps pour le festival de Montreux qui a 39 ans de s’exporter… La mondialisation ne doit pas être uniquement commerciale, mais aussi culturelle et de rencontre et Marrakech avec son aura et sa réputation est le meilleur endroit pour fêter la 40e».Des propos accueillis à bras ouverts par les Marocains, et à leur tête le conseiller de SM André Azoulay. Celui-ci en est convaincu. «Pour tous les mélomanes, le Montreux est une page d’histoire de la musique de jazz. Construire un partenariat est une manière de rendre justice au Maroc pour tout ce qu’il a déjà accompli, et donner en même temps à la musique sa place de vecteur de développement».Le Montreux jazz l’a prouvé, Festival d’Essaouira aussi: la culture n’est pas uniquement esthétique, mais un moyen de création de richesses et de promotion du pays. «Elle peut tirer l’économie d’une région qui a priori n’a aucun atout économique», ajoute Abdelali Doumou, président de la région Tensift-Al Haouz. «Un festival de jazz en partenariat avec Montreux a d’abord un impact important sur le Maroc et un gage de qualité pour un événement visant une clientèle haut de gamme. Plusieurs festivals lancés au Maroc ont été de grands succès grâce à l’aide et le soutien de tous. Celui du jazz s’inscrit dans cette lignée», estime Bensouda.Même si le Maroc a ses festivals reconnus sur la scène internationale, s’allier au Montreux jazz, c’est s’arrimer à une tête d’affiche. «Du coup, nous jouerons dès le départ dans la cour des grands», argumente Azoulay.Concrètement, après ces annonces officielles, il s’agira de créer une fondation du festival de Marrakech autonome où seront impliqués aussi bien les Marocains que les Suisses et où chacun aura son apport dans cette machine.En réalité, il y a maintenant plus de 6 mois que tout cela se prépare. Des repérages ont été menés dans la cité ocre et des rencontres avec tous les responsables marocains et un soutien incontestable de la fondation du Montreux jazz.Marrakech est une ville reconnue pour sa valeur historique, festive et depuis quelques années pour celle de sa jet-set. Aujourd’hui, ses élus font de l’animation leur cheval de bataille. Pour Omar Jazouli, maire de la ville, il s’agit d’arriver à un rythme d’un festival par an. La renommée de la cité ocre en fait donc une destination favorite pour une ville festivalière. Il lui reste seulement à acquérir un savoir-faire.Le Montreux jazz festival, créé il y a 39 ans, et à l’initiative d’un passionné de jazz Claude Nobs, est aujourd’hui une machine huilée. Plus de 250.000 visiteurs chaque année. C’est une entreprise lucrative qui brasse un grand chiffre d’affaires. Les dépenses moyennes d’un festivalier sont estimés à au moins 100 euros pour des durées de 4 jours. Toujours côté chiffres, un plateau artistique peut coûter 2 millions d’euros par soir dans un des endroits du festival, comme l’Auditorium Stravinski. Les recettes couvrent parfois largement ces coûts.Cette année, pour sa 39e édition qui se tient jusqu’au 16 juillet 2005, le Montreux jazz a programmé des artistes comme BB King, le géant de la soul Isaac Hayes et la jeune Italienne Laura Pausini. Des artistes très demandés qui attirent des milliers de spectateurs.
Gnaoua à Montreux
Plusieurs cérémonies officielles et moins officielles ont été ponctuées par des chants de Gnaoua tout au long du festival de jazz Montreux. Des apparitions bien appréciés par le public. En effet, pour annoncer officiellement l’organisation à Marrakech d’un Montreux jazz, la délégation de l’ONMT (Office national marocain de tourisme) en collaboration avec Marrakech et RAM, a de son côté monté un stand au cœur de la ville, sous forme de tente caïdale. Chaque jour, elle est animée par une troupe classique de Gnaoua d’Essaouira et un autre groupe de musique de fusion.Par ailleurs, c’est toute une délégation qui s’est déplacée du Maroc pour l’annonce officielle de ce festival, dont les élus de Marrakech, Omar Jazouli et Doumou, le président de la Fédération du tourisme, Jalil Benabbas Taarji, et autres professionnels du tourisme…

Lalla Zahra, la “Super Nanny” du Haouz

Lalla Zahra, la “Super Nanny” du Haouz

· Comment un petit bout de femme a créé une ONG et réussit à désenclaver son petit douar · Elle intervient là ou certaines collectivités locales ont échoué Lalla Zahra est une fonceuse. Elle ne se lasse jamais et ne baisse pas les bras. Quelque soit son interlocuteur, elle franchit les portes et tente par tous les moyens de se trouver des alliés. “C’est sûr, lorsque Lalla Zahra décroche un rendez-vous chez le gouverneur, elle n’en sortira pas sans un accord pour la construction d’un puits, un château d’eau ou encore une aide quelconque”, indique Hajjaj, responsable du département des ONG à la province du Haouz. Son titre “Lalla”, elle le mérite amplement. Elle a forcé le respect de tous avec sa volonté, sa logique et son dévouement pour son douar et ses habitants. Elle est en quelque sorte la cheftaine spirituelle, mais ne le revendique pas. C’est une femme quincagénaire, diplomate, et redoutable commerciale. Elle profite toujours de ces mots de remerciements pour demander une rallonge de l’aide pour telle école. C’est justement pour cela qu’elle est qualifiée de fonceuse et d’inépuisable, même si cela ne lui est pas toujours facile dans son foyer. Mais, tant pis, elle est fière des réalisations de son douar et de son association. Ses “victimes harcelés” peuvent être la province, les managers de la mine de Guemassa, une ONG internationale, les départements ministériels, ceux de l’Entraide nationale. Tant qu’ils peuvent tous lui apporter une aide même minime pour la renaissance de son petit douar Dar Ina. Sis à 17 kilomètres de la ville de Marrakech, ce douar est plus ou moins désenclavé à travers des pistes cahoteuses. Les sources de richesses sont quasi absentes, vu le climat aride de la région. Alors, le cheval de bataille de ce douar qui comprend quelques milliers d’habitants, devient l’éducation et la formation. “La formation de ces jeunes filles qui se retrouvent entre deux mondes. Elles ont abandonné l’école après le sixième niveau parce que les collèges sont loin. Sans métier, que peuvent-elles devenir? Certainement alimenter le réseau des petites bonnes”, se révolte Lalla Zahra. Cette femme rurale d’une cinquantaine d’années a une pêche d’enfer et une vision pour l’avenir. Il y a encore trois ans, elle était aussi illettrée. Aujourd’hui, ses enfants sont mariés. Elle parle et écrit bien l’arabe classique et comprend le français. Tout son savoir vient de son action sociale. Elle a créé une association dont les 56 membres sont en cours d’alphabétisation. Ce sont toutes des femmes au foyer comme elle et dont l’âge oscille entre la trentaine et la cinquantaine. Elles se sont prises en main pour désenclaver et surtout initier des actions micro-économiques, génératrices de revenus. Et c’est toutes émoustillées que les femmes présentent leur grand projet: le hamam et le four public. Ces deux espaces ouvriront prochainement et ont été construits grâce à la participation de plusieurs donateurs. Ils devraient attirer les villageois des douars avoisinants. Les installations ont nécessité un budget de 430.000 DH (le terrain ayant été offert par la province), étudié longuement par les villageoises membres de l’association. Le budget, les revenus, le retour sur investissement, les projections à court et à moyen terme, tout cela a été décortiqué minutieusement par Lalla Zahra et ses compères. Tout est passé au peigne fin. Bien au fait des nouveaux modèles de gestion, Zahra &Co ont imaginé une architecture moderne avec box de payement, un comptoir pour vente de produits annexes et plusieurs salles de hamam et relaxation. Evidemment, les premiers temps seront modestes. “Mais rien n’empêche ce hammam de devenir grand”, argumente Lalla Zahra. Cette dernière n’est pas à son premier projet. Elle a réunit les fonds pour achever aussi le siège de l’association qu’elle préside. “Association douar in”. Ici encore, il y a eu beaucoup de donateurs et les murs ont été construits à la sueur des membres. Les gros oeuvres sont déjà terminés et Lalla Zahra présente fièrement la salle de réunion, non encore achevée et qui sera aussi une classe d’apprentissage de métiers artisanaux pour les filles du douar au côté d’une crèche. “Il nous faut trouver d’abord des sponsors pour financer ces formations”. Avec les membres de son association, elle ne prend pas de gants. “Vous voulez que l’on nous aide, alors secouez-vous et participez. Cela commence par démontrer votre bonne volonté”, leur lance-t-elle. Lalla Zahra est ainsi. Elle ne se réinvente pas. Ah! Mais si elle pouvait avoir des clones... De notre correspondante Badra BERRISSOULE

Marrakech: De nouveaux espaces verts

Marrakech: De nouveaux espaces verts

· Avec l’aménagement du tronçon Bab Doukkala-Bab Lakhmiss· Le coût global du projet est de 15 millions de DHCréer un espace de vie et de rencontres pour les Marrakchis. Telle était l’idée-force du concours lancé, il y a deux ans, par la municipalité de la ville ocre, le collège des architectes et l’agence urbaine. «Marrakech manque d’espace de rencontre et de verdure. Il était urgent de revaloriser les trois places qui composent le tronçon (mail): Bab Doukkala, place de l’Izdihar et Bab Lakhmiss», a indiqué Abdelkrim El Achak, l’un des trois partenaires de l’agence d’architectes Associati qui réalise le projet. Les autres associés sont Malak Laraki et Mohamed Amine Kabbaj. Et c’est la commune urbaine de Marrakech qui en est le maître de l’ouvrage. Quant au bureau d’études, c’est 3D concept qui a été retenu.La première tranche du projet en cours d’aménagement est la Place Al Izdihar. «Cela fait un an que les travaux sont en marche. Aujourd’hui, ils sont réalisés à près de 80%». «Le coût de l’investissement pour cette première tranche est de 12 millions de DH», affirme Kabbaj. «Pour un coût global du projet estimé à 15 millions de DH», précise-t-il.Cet espace est situé entre la face nord de la gare routière et l’entrée du centre du Kawkab. Il s’inscrit dans une superficie d’environ 12.000 m2. Les promoteurs ont voulu valoriser ce lieu par un espace ludique et dynamique. Sur l’esplanade des 7 tours sera planté un olivier et des jacarandas. Le bassin en cascade de près de cent mètres de long sera en avant-plan de la Muraille. Un promontoire à près d’un mètre de hauteur longe ce bassin et surplombe l’esplanade. Un verger entre au milieu de l’avenue de Bab Doukkala et jusqu’à Bab Lakhmiss sera planté de bigaradiers pour rappeler les jardins de Ksar El Badii. Cette place est préconisée pour être un centre de développement des activités-phares de Marrakech telles que le festival du cinéma ou encore celui des musiques traditionnelles. Globalement, l’ossature consiste à créer une continuité spatiale entre les deux illustres portes donnant sur la médina. Plus techniquement, cette liaison se ferait à partir des éléments urbains existants notamment entre le jardin de Bab Doukkala, la gare routière, place Al Izdihar, le club de formation du Kawkab, Jnane Sidi Bel Abbess et Bab Lakhmiss. Les promoteurs du projet, eux, voient en ce chantier une recomposition d’une des centralités de la ville. En effet, le plan du tronçon reliera la médina à l’ouest et au sud, la ville nouvelle, les avenues Allal El Fassi et l’avenue de Safi avec Sidi Ghanem au nord outre Aïn Itti et la Palmeraie à l’ouest. Les promoteurs font du décor leur champ de bataille. La recomposition intègre la restauration des remparts de la médina moyennant un décor naturel. Le grand terrain du ministère des Habous (Jnane Side Bel Abbès) constitue un poumon vert de ce tronçon.
Fatim-Zahra TOHRY

Marrakech: Encore plus de touristes

Marrakech: Encore plus de touristes

· Malgré les grandes chaleurs, le marché français reste leader Marrakech continue sur sa performance. Même en été, le secteur du tourisme dans la ville, réputée à fortes chaleurs, affiche une bonne santé. En effet, le mois de juillet considéré, il y a deux ans encore, comme une basse saison pour les hôtels classés, a connu des pics. L’hôtellerie classée a ainsi réalisé 113.348 arrivées, soit 30% de plus par rapport à juillet 2004. Quant aux nuitées, elles ont augmenté de 36% par rapport à la même période de l’année dernière. Pas moins de 437.734 de nuitées enregistrées avec une durée moyenne de séjour de 4 jours. Soit une amélioration d’un point qui confirme la tendance constatée depuis le début de la saison 2005. L’analyse de ces performances permet de relever que le tourisme récepteur international avec ses 87.671 visiteurs a réalisé une variation de plus 40%, tandis que le tourisme interne affiche une augmentation moins rapide de seulement 5% équivalant à 25.677 visiteurs. Toujours par rapport à juillet 2004, les marchés arabe et nord américain ont augmenté de 32%, et l’européen de 37%. Reste à préciser que la plus grande variation a été réalisée par le marché hollandais qui a enregistré une augmentation de plus 104% puis le Royaume Uni (+50%). En ce qui concerne les nuitées, les meilleures performances du mois de juillet sont enregistrées par les marchés anglais et allemand (respectivement +93% et +92%). Le marché espagnol reste pratiquement stagnant (+5%). Le marché français, qui reste leader sur la destination, affiche une progression importante sur ce mois (32% des arrivées et 36% des nuitées) et illustre bien la fidélisation d’une clientèle sensible au prix pour cette période d’été où les produits sont commercialisés à des niveaux plus souples que durant les saisons d’hiver et de printemps. La durée moyenne de séjour enregistrée par le marché français est de 5 nuits (on peut la considérer comme une performance en cette période de l’année où le mercure affiche 42 °C). A rappeler qu’au cours du premier semestre 2005, 847.700 visiteurs ont séjourné dans les hôtels classés offrant à la ville ocre une progression an-nuelle cumulée de 26% par rapport à 2004.J. E. H.

Le gotha de l’économie mondiale en conclave à Marrakech

Le gotha de l’économie mondiale en conclave à Marrakech

· Changements économiques dans le monde: la vision des chercheurs· C’est la plus prestigieuse rencontre d’économistes au mondeC’est hier, 29 août, que le 14e Congrès des économistes internationaux a démarré ses travaux à Marrakech. Ce congrès, qui se tient pour la première fois au Maroc, est considéré comme l’une des plus prestigieuses rencontres mondiales qui consacre les dernières avancées scientifiques et académiques de la recherche économique. Objectif: contribuer à la progression des travaux de recherche dans tous les domaines de la science économique en réunissant les compétences et en donnant des éclairages. Et ces éclairages sont donnés par des économistes chercheurs dont certains ont été visionnaires. La première journée de cette grand-messe des économistes a été marquée par un message du Souverain dans lequel il a interpellé les économistes “sur les questions fondamentales relatives à la croissance, aux inégalités, au libre-échange”. “Toutes ces questions nécessitent un renouveau des théories économiques en relation avec le progrès des autres sciences”. Par ailleurs, le message royal est aussi revenu sur le train de réformes menées par le Maroc pour un développement durable et les initiatives lancées à l’instar de l’INDH. Les réformes seront aussi au coeur de la présentation du président de l’AISE (Association internationale des sciences économiques), Janos Kornai. Ce dernier a procédé à un comparatif de plusieurs réformes entreprises en Europe de l’Est par exemple, notamment dans les pays qui viennent de rejoindre l’UE. Il a choisi, dit-il, un bloc de pays qui ne sont pas nécessairement les plus pauvres, mais ceux où les reformes ont été importantes comme en Hongrie ou encore l’Estonie. “Trop tôt encore pour faire le bilan, mais l’on voit déjà un grand changement du côté de la croissance”, indique cet économiste, né à Budapest et qui avait dans les années 70 mené des travaux sur l’équilibre économique et anticipé sur des sujets qui ne seront d’actualité que 20 ans plus tard. “Aujourd’hui, les transformations sont saisissantes, mais attention, le capitalisme a parfois été imposé de manière violente”, analyse Kornai. A Marrakech et durant 5 jours, 300 économistes chercheurs débattront des nouvelles tendances des sciences économiques et des grands changements économiques dans le monde. Plusieurs thématiques sont inscrites à l’ordre du jour, notamment celles liées au développement, à la croissance, à l’emploi, à la lutte contre les inégalités et la pauvreté, au genre, à l’éthique, aux flux des capitaux, à l’investissement, au libre-échange, à l’efficacité des institutions et à la bonne gouvernance.Des réflexions d’autant plus judicieuses qu’il faut dire qu’au cours des 15 dernières années, l’on a assisté à la genèse de nouvelles relations entre l’économie de marché et les institutions.L’autre axe de débat s’articulera autour de la globalisation, de l’évolution de la théorie du commerce, du développement économique et des premières quinze années de la transition post-socialiste, avec des sessions dédiées à l’Afrique du Nord et le monde arabe ainsi qu’à l’économie environnementale.Une journée de réflexion “Maroc” est également au programme, au cours de laquelle des économistes marocains vont présenter les grandes réformes menées par le Royaume. Par ailleurs, une session sera consacrée au changement en Chine. Un congrès studieux et au programme bien chargé qui a été concocté par des universitaires et des économistes de l’AISE. Cette dernière est une organisation non gouvernementale fondée en 1950 à l’instigation du département des sciences sociales de l’Unesco. L’ONG a pour vocation de rassembler tous les économistes, qu’ils appartiennent à l’université, à l’Administration ou aux entreprises, afin d’encourager les échanges de connaissance que la spécialisation professionnelle rend parfois difficiles. Depuis sa création, elle a fédéré jusqu’aujourd’hui 60 associations membres. Au Maroc, l’AISE est présidée par Fathallah Oualalou, ministre des Finances.
Prix Nobel
De grands noms participent au 14e Congrès de l’Association internationale des sciences économiques et à leur tête deux prix Nobel.Daniel Kahneman, psychologue américain, prix Nobel économie en 2002. Il a reçu le prix pour avoir intégré la psychologie à l’analyse économique. Il est professeur à l’université de Princeton, et un des fondateurs de la finance comportementale. Ses principales découvertes ont porté sur divers types d’anomalies boursières en mettant en place la théorie des effets de cadrage (“framing effects”).James Mirrlees est un économiste britannique, prix Nobel 1996. Il a développé avec le Canadien William Vickrey la théorie des incitations dans le cas d’informations économiques réparties de manière asymétrique. Le prix Nobel les a récompensés pour leurs analyses du comportement des consommateurs et des agents économiques.
Promotion de la recherche
Pour promouvoir et partager la recherche dans les pays en développement, l’AISE participe au GDN. Un programme lancé par la Banque mondiale. L’AISE a mené des études pour mesurer les besoins de 500 instituts de recherche dans les pays en voie de développement. Les résultats ont permis de créer 7 réseaux régionaux de recherche en 1999 et d’autres dans des régions de l’OCDE depuis 2001. L’objectif est d’établir un réseau global qui fournirait différents services en partenariat avec l’association.
Badra BERRISSOULE

L’Inde promeut son cinéma à Marrakech

L’Inde promeut son cinéma à Marrakech

· Les awards indiens y seront probablement organisés en 2006· Ils sont suivis par 400 millions de téléspectateurs BOLLYWOOD à Marrakech. C’est ce que se propose d’organiser en juin prochain, l’académie du cinéma indien. Si tout se passe bien, il y aura du spectacle, du beau monde indien, et autres stars du cinéma (producteurs, acteurs et hommes du showbiz) et également beaucoup d’argent. Une délégation de l’International Indian Film Academy (IIFA) est en visite de repérage dans la cité ocre pour porter son choix sur la ville, qui accueillera la 6e édition des awards de l’Iifa. Marrakech est en compétition avec Le Caire, Rome et Manchester. Omar El Jazouli, maire de la ville, est enthousiasmé par le projet. «La ville est devenue une porte ouverte sur l’international et nous encourageons tout évènement de ce genre», indique-t-il. L’Iifa est, comme son nom l’indique, une fondation pour la promotion du film indien. Elle a créé les awards indiens en 2000 pour récompenser les meilleurs acteurs et réalisateurs de l’année. Parrainée par le grand acteur Amitabh Bachchan (légende du cinéma indien avec 150 films à son actif), la philosophie de ces cérémonies est de les organiser chaque année dans un pays étranger. Là où le cinéma indien est bien présent ou cherche ses traces. Et comme tous les awards, il s’agit de trophées et de shows. Ceux des Indiens sont somptueux avec beaucoup de décors, de danse et spectacle où sont mis en scène les acteurs eux-mêmes. Il faut presque un an pour monter ce spectacle, inspiré des lieux et réalisés par 20 metteurs en scène indiens. De quoi allécher les médias. Les retombées sont immédiates, estime El Jazouli. La dernière édition à Amsterdam de ces awards indiens a été suivie par 380 chaînes de télévision, soit quelque 400 millions de téléspectateurs. «Le nombre d’heures consacrées à l’évènement dans les médias audiovisuels équivaut à 17 millions d’euros de publicité par exemple», estime André Timmins, directeur de l’Iifa.Ces awards sont organisés pour 15.000 spectateurs de la diaspora indienne et autant de touristes indiens qui se déplacent pour l’évènement. C’est justement Amitabh Bachchan qui aurait proposé la ville de Marrakech pour abriter ces 6e awards, après son passage au Festival international du film de Marrakech notamment. L’Inde a développé une gigantesque machine de production de films avec une ville dédiée au cinéma: chaque an, 900 films sont réalisés.«Des awards comme ceux de l’Iifa permettent d’attirer des producteurs d’autres pays et de drainer des investissements dans l’industrie cinématographique», indique Timmins. Singapour, qui a abrité l’édition 2004, aurait attiré près de 200 jours de tournage juste après.
Badra BERRISSOULE

La Fifa fait son business à Marrakech

La Fifa fait son business à Marrakech

· Un millier de participants et un bon coup médiatique pour la ville· Mobilisation générale pour la réussite de l’événementSportivement, le congrès de la Fifa (organisé du 10 au 12 septembre) est un grand évènement pour les fans marocains du football. C’est même une sorte de revanche (une compensation peut-être), après que le Royaume ait été “privé” (cf. www.leconomiste.com) de l’organisation de la Coupe du monde 2010. C’est la deuxième fois que la Fifa tient ses assises au Maroc, après 1968. A l’ordre du jour, beaucoup de sujets footballistiques. Les congressistes devront se prononcer sur diverses questions notamment les amendements à introduire à “la Constitution du football” pour intégrer les plus récents développements. A noter aussi, le tirage au sort pour déterminer les équipes qui joueront à domicile la phase aller des matches barrage et des demi-places pour la Coupe du Monde 2006…Dans tous les cas, sont attendus au moins un millier de participants. Dans le lot, présidents de fédérations, sportifs, footballeurs et journalistes. Marrakech qui fait la une des journaux people et affaires, le sera aussi dans la presse sportive durant les trois jours de ces assises. C’est aussi un début de saison d’incentive important pour la cité ocre.Ce congrès, qui démarre samedi 10 septembre, mobilise plusieurs hôtels, agences de voyages, transporteurs et beaucoup d’emplois. Le quartier général est installé dans deux hôtels de la place (Sofitel et Kempenski) en plus du Palais des congrès. Des étages entiers sont occupés par les bureaux de la Fifa. Le parc automobile quant à lui comprend une centaine de voitures et aussi des bus. Le transporteur aérien national, RAM n’a pas à s’en plaindre non plus. La Fifa lui a accordé l’exclusivité pour assurer le transport des personnalités du monde sportif devant participer au 55e congrès de la Fédération internationale. Royal Air Maroc a mobilisé pour l’occasion quatre appareils pour assurer un total de 13 vols (aller et retour) en provenance de Zurich et de Paris à destination de Marrakech.Bref, de bonnes affaires en perspective, notamment pour la ville qui n’en est pas à son premier grand congrès mondial. Pour cette fin 2005, plusieurs autres grands évènements sont au programme comme celui de l’Abta (Association des voyagistes anglais) qui se tiendra en novembre. Une assemblée générale de ces spécialistes du tourisme qui ramènent dans leurs bagages 2.500 participants dont plusieurs prescripteurs de TO étrangers et aussi des officiels de tourisme. Le quota de confiance de Marrakech et, faut-il le dire, de son Palais des congrès et ses infrastructures hôtelières et de loisirs, est en hausse.
Circulation
La ville a sans conteste la cote pour tout ce qui est événementiel et cela fait le bonheur des professionnels, mais pas celui des automobilistes. Les problèmes de circulation, déjà importants dans une ville en pleine expansion, se multiplient lors d’un grand évènement comme ce congrès de la Fifa. Enfin, un autre conjoncturel s’ajoute aujourd’hui, celui des quads de plus en plus nombreux à Marrakech. Même interdits de circuler en milieu urbain, ils se joignent aux nombreux moyens de circulation comme calèches et bicyclettes et causent beaucoup d’accidents. Un problème à résoudre incessamment pour une ville qui se veut à la hauteur des évènements internationaux.
Corruption
L’affaire de corruption des deux matchs opposant le Kenya à la Tunisie et dénoncée par le ministre kenyan des Sports va sûrement être commentée en long et en large. Le ministre a accusé la sélection de son pays d’avoir laissé la Tunisie gagner à l’aller comme au retour. Il dit même “disposer de preuves irréfutables” pour étayer ses dires. Uchillo Yeco a été même jusqu’à dénoncer la décision de la Fifa de faire jouer le match retour à guichets fermés à Naïrobi. “Le fait que la Fédération kenyanne n’ait, volontairement, pas fait appel de cette décision, ainsi que le manque de combativité de la sélection sur le terrain de jeu sont on ne peut plus clairs”, dit le ministre qui a demandé au procureur général d’ouvrir une enquête.
Badra BERRISSOULE

Marrakech: Cambriolage au Palais royalDécès d’un témoin-clef de l’enquête

Marrakech: Cambriolage au Palais royalDécès d’un témoin-clef de l’enquête

· Sa famille réfute la thèse de la mort naturelle· Une vingtaine de personnes interpelléesC’EST le genre de cambriolage pour lequel les informations sont distillées au compte-gouttes. Et pour cause: c’est le Palais royal qui en est la victime. Le déroulement de l’enquête est à la mesure des faits dont tous les Marrakchis font des gorges chaudes. L’on ne connaît pas la valeur exacte des objets volés ni les circonstances du cambriolage. Selon nos informations, au moins une vingtaine de personnes auraient été interpellées, dont deux frères bien connus dans la ville, Hassan et Mehdi Z. A la PJ de Marrakech, la réponse est catégorique: «C’est une affaire en dehors de notre juridiction».En réalité, c’est la police judiciaire du palais qui s’est saisie de cette affaire vu que les impliqués dans cette escroquerie sont des résidants et fournisseurs du palais.A Marrakech, depuis une semaine, le sujet occupait toutes les conversations: ce n’est pas tous les jours qu’il y a un cambriolage au Palais royal. Parmi les aspects que les enquêteurs tentent d’élucider, ce sont les circonstances du décès d’un témoin important de l’affaire, Hassan Zoubairi Ben Yahia. Les rapports médicaux fournis au Tribunal de Marrakech auraient conclu que le décès était «dû à une suffocation aiguë provoquée par des troubles de fonctionnement du cœur, des artères et des poumons», sachant que le défunt vivait avec un seul rein. Du reste, le parquet souligne qu«aucune trace extérieure de violence n’a été constatée sur la dépouille». Dans un communiqué, le procureur général ajoute que le rapport des analyses médicales a conclu que «toutes les investigations effectuées concernant l’éventualité de la présence de matières toxiques ou nocives, que ce soit dans les échantillons du sang ou ceux prélevés de l’estomac du défunt, sont négatives et qu’il est fort probable que le décès soit dû aux causes définies dans le rapport d’autopsie». Autrement dit, c’est la piste de la mort naturelle qui serait privilégiée. Une thèse que réfute la famille du défunt (très influente à Marrakech). Le décès est intervenu à quelques jours du début d’enquête. Ce qui ne fait qu‘alimenter davantage conversations et rumeurs.De notre correspondante, Badra Berrissoule

Marrakech Le jus de canne à sucre fait un tabac

Marrakech Le jus de canne à sucre fait un tabac

· Une boisson très prisée dans la ville· Le vendeur vante ses vertus thérapeutiquesA première vue, une crémerie comme une autre avec quelques clients en train de siroter un jus ou de boire du yaourt. Pourtant, le gérant, un Egyptien installé depuis peu à Marrakech, y vend un produit peu commun: du jus de canne à sucre. On l’appelle Saïd l’Egyptien. Il maîtrise très bien la «Darija» et paraît fier de son petit commerce. «Je n’ai pas à me plaindre, des gens de toutes les villes du Royaume viennent déguster ma spécialité». Saïd a même placardé une affiche qui vante les vertus thérapeutiques de son produit: «Produit énergétique, riche en vitamines, nettoie les intestins des impuretés, combat l’asthme et les maladies respiratoires, favorise la dissolution des calculs rénaux, etc.». Il se fait même super VRP pour son produit et prétend qu’il est cité par le prophète comme une plante aux multiples vertus. Mais il tempère ses propos en disant «enfin, c’est ce que les gens racontent». Si l’on peut douter de la véracité de ses propos, on ne peut qu’apprécier le goût légèrement acidulé du jus. Qui plus est un grand verre «d’élixir» ne coûte que 5 dirhams et souvent on n’a droit au précieux breuvage qu’après avoir retiré un ticket numéroté. La grosse machine qui broie la canne est importée d’Egypte. Selon Saïd, le jus de canne à sucre est un produit banal là-bas. «J’ai passé 3 ans à Meknès où je vendais le même produit avant de venir m’installer à Marrakech depuis à peine 2 ans. Al hamdou lillah, le commerce est florissant». Quant à la canne à sucre, il me confie qu’il la négocie aux fellahs locaux aux alentours de 300 à 400 dirhams la tonne. «Vous tombez mal!» s’exclame Saïd, «le gel a détruit une grande partie de la récolte, j’attends toujours un arrivage de cannes qui devrait être là au plus tard dans 10 jours». Lorsqu’on avait un bon stock, des files entières de clients attendaient leur tour. La réaction des consommateurs est un mélange de stupeur et de curiosité. Ils sont impressionnés à la vue du broyeur à canne à sucre. Les gens s’arrêtent souvent pour demander ce que c’est. Quand ils goûtent le jus, ils s’empressent d’en parler autour d’eux. C’est grâce au bouche-à-oreille que Saïd l’Egyptien a pu avoir pignon sur rue, loin de chez lui, au Maroc. En attendant la prochaine récolte, Saïd dispose à la place de la machine un présentoir de chips et une glacière de crème glacée. Zakaria CHOUKRALLAH

Marrakech: Pauvre industrie!

Marrakech: Pauvre industrie!

· Les Z I ne manquent pas, mais les investissements insuffisantsAMO, accords de libre-échange, code de douane sont autant de thèmes sur lesquels se focalisera la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Marrakech (CCIS). Celle-ci entame dès la semaine prochaine une série de séminaires pour sensibiliser ses membres et les industriels de la région, notamment les PME/PMI, sur les nouvelles donnes. Il faut beaucoup d’efforts pour développer une ville où l’industrie représente si peu par rapport à la production nationale et qui n’a pas connu le même essor que le tourisme ou l’artisanat. Les mêmes indicateurs et tissu économiques qui caractérisaient le secteur dans les années 80 continuent de prévaloir et ce, malgré les tentatives des promoteurs. Ce qui fait dire à Tayeb Guemouria, directeur de la Chambre de commerce: “Nous avons l’impression de battre des ailes depuis quelques années”. La ville attire pourtant les investissements dans le secteur du tourisme, même au plus bas de sa forme, alors que l’industrie continue à être négligée. Il n’y a que deux ou trois petites unités qui ont vu le jour ces dernières années dans la menuiserie, ou encore dans les produits laitiers. Rappelons que la cité ocre produit à peine 4% de l’industrie nationale et ce malgré la floraison des zones industrielles (Sidi Ghanem, Al Massar et bientôt Sidi Bouatmane). Des industries traditionnelles baissent rideau. Le cas récent de fermeture est celui de la société Sud Export (grande raffinerie du sud). Les problèmes d’alimentation sont souvent à l’origine de ces fermetures, mais ne sont pas les seules raisons. Pour le président de la CCIS de Marrakech, Habib El Berdai, “tant que les investisseurs marrakchis ne s’intéressent pas à l’industrie, ce secteur ne bougera pas. Il ne faut pas s’attendre à des investissements étrangers alors que les autochtones ne font pas d’effort”.D’autres estiment que l’avenir de l’industrie réside dans les secteurs liés au tourisme avec, par exemple, des unités de production de matériel hôtelier. Selon des industriels, les pistes sont nombreuses. L’agroalimentaire, qui demeure l’industrie prédominante dans la région, ne va pas si mal. Il est représenté par les minoteries, conserveries, boissons gazeuses, pâtes alimentaires...C’est dans le textile et le cuir que les choses se gâtent. Pour le premier, les menaces chinoises s’ajoutent à celle de l’éloignement géographique des principaux ports. Quant au cuir, l’adoption des règles conformément aux lois de propriété intellectuelle a mis à plat les petits industriels. Il n’en reste pas moins que les institutionnels demeurent optimistes. La Chambre travaille à la création d’un village de tanneurs qui devrait avoir une double fonctionnalité: celle de lieu touristique et aussi une zone pour les petites industries. Encore faut-il que la bonne volonté soit de mise!
Les bonnes affaires
En attendant des jours meilleurs pour le commerce et l’industrie, la Chambre de Marrakech s’active pour la construction d’un parc d’exposition. Le terrain, d’une superficie de trois hectares, est une location des Domaines. Il y sera construit un hall de 4.000 m2 pour organiser des foires et salons. “Les Domaines devront donner un coup de pouce au commerce local”, estime Guemouria. C’est une plate-forme qui nécessite une enveloppe de quelques 20 millions de DH. Et “la Chambre ne la déboursera pas”, précise t-on. En effet, un bail a été signé avec un organisateur de foire pour une durée limitée. En contrepartie, celui-ci prend en charge la construction et l’entretien de cet espace. De notre correspondante,
Badra BERRISSOULE

Marrakech: Déficits inquiétants de scolarisation

Marrakech: Déficits inquiétants de scolarisation

· Beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école parce qu’ils travaillent dans l’artisanat· Ancienne Médina et Ménara, les zones urbaines les plus touchées · Vous avez dit, généralisation de l’enseignement!Au terme de son programme 2008, l’académie de Marrakech Tensift-Haouz ambitionne d’atteindre 100% de scolarisation chez les enfants de la région, du moins pour l’élémentaire. «Mais nous en sommes encore loin pour cette rentrée 2005-2006», affirme le directeur de l’académie, Abdelouhab Benjiba, lors d’un point de presse. En effet, cette année, le taux d’enfants inscrits à l’école a atteint 59% avec une augmentation du côté des petites filles scolarisées. «Nous ne nous focalisons pas sur le nombre d’inscrits mais sur le taux de scolarisation», explique Benjiba. «Il est anormal pour une région et encore davantage une ville que des délégations urbaines enregistrent des taux loin de ceux de la moyenne régionale». Il en est ainsi pour Marrakech Ménara avec 54% de scolarisation et Marrakech Médina avec seulement 45%. Plutôt que d’aller aux écoles, une bonne partie des enfants usent leurs petites mains dans des ateliers d’artisanat. En réalité, dans la région de Marrakech, les attentes en matière d’éducation sont plus urgentes. Certains villages du Haouz sont encore bien enclavés et loin de l’école. Du reste, près de 80% des établissements scolaires de la région sont de type «traditionnel». C’est-à-dire, une école sous forme d’une ou deux salles dans une zone éloignée des villages des environs et animée par un ou deux enseignants. Dans l’ensemble, l’académie compte à peu près 4.886 écoles dont plus de la moitié dans les campagnes. Le M’ssid est encore dominant dans le système éducatif de la région. Elles sont 3.950 écoles de ce type. Ce qui pose encore de grandes questions quant à la réforme de l’enseignement.«Il est clair qu’il existe de grands écarts entre les programmes des écoles selon leur lieu d’implantation», souligne un enseignant. «Si des élèves étudient en utilisant l’audiovisuel, d’autres en sont encore au tapis (lahssir) et à l’ardoise». Inutile de comparer entre l’enseignement public et celui privé. Cela fait un bon bout de temps que la charte de l’éducation est appliquée. Mais les nouveaux directeurs des académies en sont toujours au stade de l’assimilation de leurs nouvelles prérogatives et de la recherche de moyens de communication avec les enseignants et les autres responsables. Sur le terrain, l’académie de Marrakech Tensift-Haouz regroupe au total quelque 440.000 élèves pour le primaire dont plus de la moitié sont des garçons. Etant une région à prédominance rurale, les scolarisés de ce milieu sont plus de 300.000 enfants. Ce chiffre diminuerait nettement au stade du collège: les inscrits sont au nombre de 23.000 élèves seulement. Pour finir, ce sont environ 1.500 d’entre eux qui poursuivraient leurs études jusqu’au lycée.
Enseignement privé en hausse
Chaque rentrée scolaire, le privé s’accapare une partie des enfants scolarisés dans la région. Cette année, il y a 5.000 enfants inscrits dans ce type d’enseignement. Ce sont désormais 80 établissements qui opèrent dans l’académie du Haouz-Tensift, dont une grande partie dans la ville de Marrakech évidemment. Pour l’enseignement primaire, ce sont près de 18.000 enfants qui sont scolarisés dans des écoles privées. 5.000 autres le sont également dans des collèges et lycées de même type. De notre correspondante,
Badra BERRISSOULE

CRT MarrakechTractations pour le poste de président

CRT MarrakechTractations pour le poste de président

· Kamal Bensouda sur le départ· Abdellatif Kabbaj, de l’association des hôteliers, pressenti à sa placeUNE rentrée pas comme les autres pour le secteur du tourisme où l’actualité est sans contexte les préparatifs du Conseil régional du tourisme (CRT), qui devra se tenir en octobre prochain. Kamal Bensouda, président du conseil, a annoncé dans un entretien exclusif à L’Economiste qu’il ne se portera pas candidat, à moins qu’il ait un consensus pour son maintien à la tête du CRT. Dans tous les cas, avec Bensouda, la ville n’a jamais été aussi présente dans les salons internationaux. Le CRT est toujours déterminé à conclure des stratégies indépendamment de celles le liant à l’OMNT. Il est aussi présent et prend des positions fermes quant aux décisions centrales pour l’avenir du CRT. Du reste, les évènements lancés par le Conseil régional de tourisme sont nombreux et les institutions de la ville se sont engagées sur une périodicité de l’organisation d’un festival par an. Côté international, le conseil s’est investi dans le programme de promotion de la ville, un programme qui, in fine, s’aligne sur le grand projet de l’Office national. Apparemment, tout cela ne suffit pas. Rien que du côté événementiel, pour atteindre ses objectifs, «la ville a besoin d’une infrastructure spécialisée qui se charge uniquement des évènements», estime un professionnel. «L’amateurisme n’est plus de mise dans ce domaine», indique Latif Benssedik, voyagiste et spécialisé dans l’incentive. Une suggestion qui fait son chemin. «L’idéal pour le tourisme et surtout pour l’animation est de créer une sorte de fondation, présidée par un président d’honneur avec des hommes de terrain qui arriveront à drainer un rythme minimal d’un festival ou un évènement de grande envergure, impliquant les jeunes». Il est question de lancer une infrastructure dans ce sens. Son président pourrait être Kamal Bensouda. Il aura en attente beaucoup d’évènements programmés: le Montreux, les Awards indiens déjà programmés (cf.www.leconomiste.com) et d’autres soirées qui ne sont pas encore au programme. Dans tous les cas, le Conseil régional à qui l’on pourrait adosser cette mission s’effrite depuis l’annonce du départ du président actuel. Mais la succession est déjà garantie par un autre homme professionnel: Adellatif Kabbaj, président des hôteliers de la ville. «Son seul défaut serait qu’il ne défende que la profession des hôteliers», commente ce membre du CRT. Si c’est Kabbaj qui reprendrait le CRT, la question qui se poserait d’office serait: qui présidera alors aux destinées de l’association de l’industrie hôtelière (AIH)? Jusqu’à maintenant, aucun des concernés ne confirme cette passation de pouvoir. En attendant la fin de ces tractations internes, seules les élections de la fin du mois d’octobre lors de l’AGO du CRT fixeront les pronostics. Les paris sont encore ouverts.De notre correspondante,
Badra BERRISSOULE

Marrakech pleine à craquer toute l’année

Marrakech pleine à craquer toute l’année

· Quelle que soit la période, les hôtels affichent complet· Le marché français monte, monte…· Le salon de Deauville accueillera une expo sur le MarocPrès de 150.000 arrivées avec, en prime, une durée de séjour qui dépasse les 4 jours. Ce sont les toutes dernières statistiques du ministère du Tourisme pour le mois d’août. Il s’agit d’un mois où la saison devrait être faible. Depuis trois ans, il n’en est rien. Jamais l’activité n’a été au meilleur de sa forme durant cette période. Même si la ville de Marrakech a connu de fortes chaleurs, les touristes (y compris les MRE) ont afflué sur les hôtels, le Pacha (boîte de nuit en vogue) et la toute nouvelle piscine Oasiria (aquapark). Il était même difficile de trouver des chambres en cette période. Inutile de revenir sur la saisonnalité de la période estivale de Marrakech qui n’existe presque plus comme le dit ce professionnel. «Il arrive que les réalisations pendant les mois de basse saison dépassent largement celles de la haute saison». Discours qui explique tout simplement que quelle que soit la période, il faudra s’y prendre à l’avance pour la réservation dans les hôtels de Marrakech. C’est le revers du succès. Les toutes dernières statistiques du ministre du Tourisme pour le mois d’août indiquent une croissance exponentielle dans la région. Au total, ce sont 150.000 arrivées en août dernier. Les nuitées, autre indicateur important, ont atteint quelque 525.000 durant une saison qualifiée comme l’une des plus basses. Comme attendu, ce sont les trois marchés émetteurs-phares qui expliquent l’importance de ces chiffres. D’abord, le marché français, suivi par les marchés arabes et enfin le tourisme interne. La France lance son grand salon à Deauville, qui démarre du 22 au 24 septembre, et auquel participe de nombreux marocains. Marrakech veut pérenniser les belles réalisations du marché français. En effet, avec du recul, les premiers mois de l’année en cours, ce marché a enregistré 512.000 arrivées soit une augmentation de 30%. Avec ce taux record, Marrakech bouclerait l’année 2005 avec plus de 750.000 touristes français. Marrakech et le Maroc entier ne comptent pas laisser tomber ce marché. Du coup, les actions de marketing vis-à-vis de ce premier prescripteur se multiplient. Là ou les efforts se doublent sont pour Deauville, le premier salon de tourisme en Europe et celui qui définit les tendances. Sa prochaine édition accueille une grande exposition du Maroc. L’Office national marocain du tourisme (ONMT) y sera présent à travers un stand de 160 m2 dont 40m2 réservés à la RAM. Par ailleurs, cette exposition grandiose mettra à la disposition du CRT Marrakech un espace qui sera aménagé pour promouvoir les atouts et les potentialités de Marrakech et sa région. Une délégation composée d’une centaine de professionnels, conduite par Kamal Bensouda, président du CRT, Abdellatif Kabbaj, président de l’association de l’industrie hôtelière de Marrakech et Brahim Rmili, président de l’association des restaurateurs, sera présente à ce grand rendez-vous annuel qui marque la rentrée touristique 2005-2006. «Cette action reflète la stratégie du CRT Marrakech pour la promotion des produits de niches et notamment l’Incentive & Congrès auprès du marché français qui a enregistré ces dernières années des performances spectaculaires», insiste Kamal Bensouda, président du Conseil régional du tourisme.
CD-Rom et cocktail pour le CRT
Comme d’habitude, le CRT Marrakech va marquer sa participation à cette édition par une action B to B, en organisant une réception/cocktail à laquelle seront conviés des professionnels étrangers et marocains. Le moment fort sera la présentation et le lancement de son nouveau support interactif: le CD-Rom de la ville. Par ailleurs, le CRT mettra à la disposition des professionnels étrangers la documentation sur Marrakech et distribuera plus de 2.000 cadeaux-souvenirs typiques de la ville ocre. De notre correspondante,
Badra BERRISSOULE

Les meuniers du monde entier à Marrakech

Les meuniers du monde entier à Marrakech

· Conférence internationale du 25 au 28 septembre C’EST une première. Le Maroc abritera la conférence annuelle de la 17e édition de l’Association internationale des opérateurs meuniers (IAOM). Cette manifestation, qui se tiendra à Marrakech du 25 au 28 septembre, rassemblera les différents opérateurs du secteur de la minoterie: industriels, fournisseurs et partenaires. “La Fédération nationale de la minoterie n’a adhéré à l’Association internationale qu’en 2004, à Téhéran. Pourtant, elle a pu convaincre les partenaires d’accueillir la présente édition de la conférence de l’IAOM”, affirme Ahmed Bouaïda, président de la FNM. L’objectif de cette conférence est de réunir les minotiers d’Afrique et du Moyen-Orient. Ces régions étant considérées, en raison de leurs habitudes alimentaires, comme le plus grand marché mondial d’utilisation et de consommation de blé. Plus de 700 participants prendront part à cette rencontre. Ils viennent des pays d’Afrique et du Moyen-orient mais aussi des USA, du Canada et d’Europe. “La FNM a reçu jusqu’à présent près de 1.200 demandes de participation. C’est un record par rapport aux éditions précédentes. Nous ne nous attendions au début qu’à 800 participants”, explique Abdellatif Izem, directeur de la FNM. En marge des ateliers de la conférence, un salon professionnel est dédié à tous les métiers liés à la minoterie: industrie meunière, emballage, stockage, etc. “C’est une occasion pour les professionnels marocains de s’informer sur les nouveautés du secteur”, indique Bouaïda. A noter également que lors cette manifestation la FNM recevra sa certification ISO 9001 version 2000 qui consacre l’engagement de la Fédération dans une démarche qualité. Rappelons que l’Association internationale des minotiers a été fondée en 1896. Son principal objectif est d’améliorer le professionnalisme et les compétences au sein de l’industrie des activités céréalières. Au Maroc, le secteur de la minoterie représente 5 milliards de capitaux investis avec un chiffre d’affaires de 20 milliards de DH pour 10.000 emplois permanents.A. J.

Marrakech/investissements: Après le boom français, l’américain?

Marrakech/investissements: Après le boom français, l’américain?

· De plus en plus d’entrepreneurs prospectent la région· Toute l’Afrique du Nord est dans la ligne de mirePrès de 250 entrepreneurs américains sont réunis jusqu’au 23 septembre à Marrakech. Des investisseurs potentiels à qui seront présentées les opportunités existantes au Maroc, mais aussi celles de l’Afrique du Nord globalement. Dans la foulée, les réformes et les moyens de financement accordés au secteur privé leur seront également expliqués. L’on s’attend à attirer davantage d’investissements américains plus spécifiquement vers le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, la Libye, la Mauritanie et la Tunisie. C’est l’Opic (Overseas Private Investment Corporation), une agence d’aide aux entreprises américaines, qui organise cette rencontre, inaugurée hier par le Premier ministre et l’ambassadeur des USA au Maroc. C’est dire son importance pour le Maroc qui met en place des dispositions pour les ALE. Du reste, les Etats-Unis veulent renforcer leur présence économique dans la région. A Marrakech, le premier objectif de la conférence a été atteint en faisant venir les sociétés américaines déjà implantées dans la région ainsi que d’autres et en mettant en avant les atouts de l’Afrique du Nord. Cette conférence regroupe en effet des représentants de gouvernement en Afrique du Nord, ceux du gouvernement américain, et des entreprises déjà présentes ou à la recherche d’opportunités d’investissement. Un tel rassemblement est censé générer des partenariats entre les différents participants, indique-t-on auprès de l’Opic. “Si une personne tente seule d’établir le contact avec toutes ces parties aux Etats-Unis, elle aura besoin de beaucoup de temps et d’énergie”. Pour l’Afrique du Nord, des secteurs ont déjà été identifiés. Les technologies de l’information, l’énergie, le tourisme et l’habitat sont autant de pistes et il est question de discuter de joint-ventures entre Américains et investisseurs locaux. Ce n’est qu’en 2004 que l’Opic a démarré ses séries de conférences avec pour cible les marchés où les investisseurs américains sont faibles. Politique oblige, le choix de l’Afrique du Nord s’est vite imposé. “C’est un gisement d’affaires encore inexploité et qui mérite une plus grande attention. C’est le message que nous voulons transmettre “, indique Lawrence Spinelli, directeur des Affaires publiques de l’Opic. L’agence s’attend aussi à ce que la conférence de Marrakech devienne un “catalyseur” pour développer la région. “L’objectif n’étant pas de promouvoir l’investissement aux Etats-Unis, mais plutôt de promouvoir la région auprès des investisseurs américains”, conclut-il.
L’Opic, c’est quoi?
L’Opic est une corporation d’investisseurs américains, engagée dans l’aide des entreprises américaines pour investir à l’étranger et particulièrement dans les pays émergents. Elle intervient notamment à travers des aides (prêts à long terme) et des assurances risques politiques aux sociétés américaines. L’organisme compte à son actif le soutien de projets dans 150 marchés pour 14 milliards de dollars. Au Maroc, l’agence soutient des projets d’investissement de 50 millions de dollars, à travers notamment la firme CMS Energy (Jorf Lasfar). Créée il y a 34 ans maintenant, l’Opic mobilise le secteur privé américain et, derrière cela, contribue à la politique étrangère américaine. L’agence soutient donc les investisseurs des USA souhaitant aller vers des pays émergents. Ses ressources proviennent des dividendes sur les prêts octroyés et les assurances contractées.De notre correspondante,
Badra BERRISSOULE

Marrakech: Campagne de charme pour attirer les investisseurs US

Marrakech: Campagne de charme pour attirer les investisseurs US

· Les pays de l’Afrique du Nord se défendent pas mal · Les entreprises américaines connaissent à peine la région · Mais, elles sont «enthousiastes» Fruit of The Loom, un géant américain dans le textile a délocalisé son usine de Chine au profit du Maroc avec un investissement de plus de 100 millions de dollars. Aujourd’hui, un autre géant américain dans l’emballage, International Paper, vient d’annoncer son intention de participer au capital de la société CMCP et contrôlera à terme 66% du capital (cf. L’Economiste du 21septembre: www.leconomiste.com). «D’autres investissements sont certainement en route. Les sociétés américaines commencent à peine à connaître le Maroc et nous prévoyons de bonnes perspectives», promet Thomas Riley, l’ambassadeur des USA au Maroc. «Le contexte marocain le permet d’ailleurs», dit-il en substance. «Les réformes institutionnelles incitatives et celles privilégiant la cohésion sociale comme l’INDH sont autant d’initiatives entreprises pour encourager l’investissement étranger», indique de son côté Driss Jettou. «Le Maroc a consenti 9 milliards de dollars d’investissement public au titre de programmes visant, notamment, la modernisation des infrastructures économiques du Maroc et la construction d’une inter-connectivité aux standards internationaux». Il s’agit, entre autres, de la réalisation des réseaux routiers de transport, de télécommunications et de réductions énergétiques. Jettou et Riley ont participé, tous les deux, aux travaux de la rencontre de l’Opic organisée à Marrakech du 21 au 22 septembre, et qui ont concerné les opportunités d’investissements dans l’Afrique du nord. C’est une rencontre qui a réuni une centaine d’investisseurs américains aux côtés des décideurs et responsables ministériels des 6 pays de l’Afrique du Nord. Ces derniers ont été sélectionnés par l’Opic (une agence de développement) pour présenter aux investisseurs américains les opportunités existantes dans ces pays. Pour Ross Connelly, vice-président de l’Opic, «avec à peine 2% des investissements mondiaux qui atterrissent sur le marché de l’Afrique du Nord, celui-ci demeure un gisement inexploité. Les entreprises américaines n’en font pas assez, certainement par méconnaissance». D’où une conférence pareille. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Les 6 pays concernés ont bien préparé leurs présentations. Et bien qu’aucun représentant ne le reconnaisse, ce fut une sorte de compétition à laquelle se sont exercés des ministres et des représentants de départements. Le Maroc, a, à deux reprises (une fois par le Premier ministre et une autre par Rachid Talbi Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre), rappelé le cadre incitatif mis en place, les projets entamés par le Royaume du côté des infrastructures routières et les autoroutes de l’information. Sans entrer dans les détails, Alami souligne toutefois que le marché marocain est libre et compétitif, mais régulé. L’Algérie a, de son côté, fait miroiter quelque 55 milliards de dollars d’aide gouvernementale qui sera octroyée aux investisseurs pour les années à venir. C’est le budget que consacre ce pays au soutien de la croissance. Hamoud Benhamdine, directeur des investissements au ministère algérien de la Promotion et Investissement, s’est étalé largement sur la croissance de l’Algérie, ses réserves et également l’ouverture de son marché depuis peu. Idem pour le représentant tunisien qui s’est attardé sur l’ingénierie développée par ce pays et aussi les ressources d’hydrocarbures. «Dans tous les cas, les opportunités sont larges et c’est ce que nous voulons transmettre aux investisseurs américains», indique Lawrence Spinelli, directeur des affaires publiques de l’Opic. L’Agence s’attend aussi à ce que la conférence de Marrakech devienne un «catalyseur» pour développer la région. «L’objectif n’est pas de promouvoir l’investissement aux Etats-Unis, mais plutôt de promouvoir la région auprès des investisseurs américains».
L’appui de l’OPIC
Orverseas private investment corporation (OPIC) a organisé sa conférence sur l’accroissement des horizons en Afrique du Nord avec quelque 200 participants. Objectif: mettre en exergue les opportunités d’investissement dans 6 pays comme le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Mauritanie et la Libye. Beaucoup relient ce choix à ceux plus politiques entamés depuis quelques temps par le gouvernement américain. L’Opic est une organisation américaine qui existe depuis 1971. C’est une corporation des investisseurs américains, engagée dans l’aide des entreprises des USA pour investir à l’étranger et particulièrement dans les pays émergents. Elle intervient notamment à travers des aides (prêts à long terme) et des assurances-risques politiques aux sociétés américaines. L’organisme compte à son actif le soutien de projets dans 150 marchés pour 14 milliards de dollars (50 millions de dollars au Maroc).
Le classement
Côté investissement étranger, le Maroc est bien classé. En 2004, il a accueilli une cinquantaine de nouveaux projets d’investissements avec près de 20 millions de dollars chacun, soit 1 milliard de dollars. D’après la CNUCED, le Maroc est en tête des pays arabes récepteurs de l’investissement direct étranger avec un volume de 6 milliards de dollars (sur la période de 1997- 2003). Le Royaume se classe aussi bien en Afrique avec une part de 18%, des 15 milliards de dollars investis dans le continent. Mais ce n’est pas pour autant qu’il doive dormir sur ses lauriers. D’autres pays en Afrique sont en train de grignoter sur son terrain avec des atouts identiques et en plus des ressources!
Badra BERRISSOULE

Marrakech: Les parcs de l’Agdal, un an après…

Marrakech: Les parcs de l’Agdal, un an après…

· La première tranche du projet immobilier achevée d’ici fin 2005· Six mois d’avance sur la commercialisationLes travaux des parcs de l’Agdal à Marrakech avancent comme prévu. Un an après le démarrage, le projet immobilier cher à Simon-Xavier Guerrand-Hermès, vice-président d’Hermès Paris, PDG des parfums Hermès Etats-Unis et gérant d’Eden Développement -le groupe initiateur des parcs de l’Agdal- tient donc la route. Jean Pozzo di Borgo, artiste et gestionnaire du projet, Karim El Achak, architecte d’origine casablancaise résidant à Marrakech depuis 15 ans, et Jean-Charles Marzet, architecte de l’environnement, passionné par la ville ocre depuis plus de 13 ans, ont organisé, mardi 20 septembre, une visite du chantier à destination d’un groupe restreint de journalistes. Ainsi, la première tranche des travaux sera terminée, et ce conformément au calendrier, soit d’ici à fin décembre 2005, indique Pozzo di Borgo. Elle concerne dix résidences “Douiria”, six “Dar”, ainsi qu’une villa dont les travaux ont démarré en novembre 2004. L’ensemble du projet qui a nécessité un investissement de plus de 200 millions de DH devrait être achevé en 36 mois. De même, 8 mois de commercialisation et un taux de réservation qui atteint les 20%, “c’est plus que ce que l’on avait prévu”, commente Pozzo di Borgo. Le groupe affirme avoir six mois d’avance sur la vente. Autre “bonne surprise”, le concept, initialement destiné à un public européen, a conquis les locaux également puisque 30 à 40% des acquéreurs sont Marocains -essentiellement de la région de Casablanca-, indique Pozzo di Borgo. Le plan d’aménagement de la ville, à grand renfort de communication (création de l’avenue Mohammed VI qui relie désormais le centre-ville à la nouvelle zone touristique, la réalisation de l’autoroute Casa-Rabat qui fait de Marrakech une ville “de week-end”…) et la volonté des autorités de maintenir la dynamique des chantiers enclenchés rendent Marrakech de plus en plus attrayante, et plus seulement pour les étrangers. Céline PERROTEY